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Méditation Quotidienne avec Krishnamurti


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Faire face au fait


Je souffre. Psychologiquement, je suis terriblement perturbé ; mais j'ai déjà mon idée sur ce point: que je dois faire, ce qu'il ne faut pas faire, ce qui doit changer. Cette idée, cette formule, ce concept m'empêche de regarder ce qui est comme un fait. Les systèmes d'idées et les formules sont un moyen d'éluder ce qui est. En cas de grand danger, l'action est immédiate. En pareil cas, vous n'avez aucune idée préconçue. Vous ne formulez pas d'abord une idée, pour agir ensuite en fonction de celle-ci.

L'esprit est devenu paresseux, indolent, se fiant à une formule qui lui a donné le moyen d'échapper à toute action dirigée vers ce qui est. Conscients de tout le phénomène qui nous a été décrit – et que nous admettons non pas parce qu'on nous en a souligné l'évidence, mais pour l'avoir constatée nous-mêmes – pouvons-nous affronter le fait, par exemple, que nous sommes violents? Nous, les êtres humains, nous sommes violents, et nous avons fait sciemment de la violence, de la guerre et ainsi de suite, notre mode de vie. Bien que nous ne cessions de parler de la non-violence – surtout en Orient – nous ne sommes pas non violents ; bien au contraire, nous sommes des êtres violents. La notion de non-violence n'est qu'une idée – qui peut être exploitée à des fins politiques. Et elle prend alors un tout autre sens ; mais la non-violence est une abstraction et non une réalité. L'être humain étant incapable d'affronter la réalité de la violence, il a inventé cet idéal de non-violence, ce qui lui évite de s'attaquer au fait réel.

Mais en définitive, la réalité, c'est celle de ma violence, de ma colère. Qu'avons-nous à faire d'une idée? Ce qui compte, ce n'est pas l'idée de la colère, c'est la réalité de la colère. Il en va de même pour la réalité de la faim. Lorsqu'on a faim, il ne s'agit pas d'une idée. L'idée qui surgit à ce moment-là concerne ce qu'il faut manger, et ensuite, conformément aux exigences du plaisir, on mange. La seule façon d'agir par rapport à ce qui est, c'est de ne pas avoir la moindre idée d'avance sur la façon dont il convient d'aborder ce à quoi on se trouve confronté – c'est-à-dire ce qui est.

Extrait du livre : CW, vol. XVII, p. 12

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