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Comment la liberté peut-elle être comprise et vécue?

Troisième Causerie à Brockwood Park

Samedi 2 Septembre 1978

Krishnamurti: Nous avons parlé de diverses choses concernant notre vie quotidienne. Nous ne nous complaisons pas dans de quelconques théories croyances, ou spéculations idéologiques. En fait, nous nous préoccupons profondément – du moins je l'espère de notre vie quotidienne pour découvrir s'il est vraiment possible d'amener un changement radical dans nos modes de vie. Car notre vie n'est pas ce qu'elle devrait être. Nous sommes confus, malheureux accablés de souffrance luttant jour après jour, jusqu'à l'heure de notre mort. Tel semble être notre lot: ce conflit sans fin non seulement dans nos rapports personnels mais encore vis à vis du monde qui va se détériorant de jour en jour devenant de plus en plus dangereux de plus en plus imprévisible, incertain où politiciens et nations sont en quête de pouvoir.

Mais nous devrions aussi parler ensemble ce matin, je pense de la liberté. L'homme, ou la femme – mon usage du mot « homme » comprend aussi la « femme » j'espère que cela ne vous dérange pas – le MLF (Rires). Lorsqu'on observe le monde, il nous semble que la liberté prend de moins en moins d'importance dans la vie quotidienne. Nous devenons de plus en plus restrictifs nos actions sont limitées nos visions des choses sont très étroites ou amères, cyniques, ou très pleines d'espoir et nous ne semblons jamais être libres de nos propres conflits et malheurs quotidiens complètement libres de tout le labeur de la vie. Et je pense que nous devrions discuter ensemble de cette question de la liberté. Bien entendu, dans les états totalitaire il n'y a pas de liberté. Ici, dans le monde occidental, et en partie dans le monde oriental il y a un peu plus de liberté liberté de changer de métier, liberté de voyager de dire ce que l'on, de penser ce que l'on veut d'exprimer ce que l'on veut, d'écrire ce que l'on veut. Mais même cette liberté dont on dispose devient de plus en plus mécanique ce n'est plus la liberté.

Donc, pour peu que l'on soit sérieux, je pense qu'il faudrait examiner cette question de façon vraiment approfondie. Si vous le voulez bien. Les églises, les religions ont essayé de dominer notre façon de penser: l'église catholique a, par le passé, torturé les gens pour leur croyance les a brûlés, excommuniés et aujourd'hui encore, l'excommunication reste une forme de menace pour ceux qui sont catholiques. Il se passe exactement la même chose dans les états totalitaires: contrôle de votre esprit de vos pensées, de votre comportement, de vos actes. On s'y préoccupe surtout du contrôle de l'esprit du contrôle des pensées, et quiconque a une opinion divergente n'est pas d'accord, est déporté ou torturé ou placé dans un hôpital psychiatrique, etc. C'est exactement ce que fit jadis le monde catholique. Cela se fait maintenant dans les soi-disant états politiques, économiques. La liberté est donc une chose dont nous devons découvrir le sens pour voir s'il nous est possible non seulement d'être libre intérieurement, profondément dans toute la mesure du possible, intérieurement, psychologiquement dans nos tripes, pour ainsi dire mais encore, de nous exprimer correctement, avec vérité, précision. Peut-être comprendrons-nous alors ce qu'est la liberté.

La liberté est-elle l'opposé de l'esclavage? La liberté est-elle l'opposé de la prison de l'asservissement, de la répression? Etre libre, est-ce faire ce que l'on veut? Je vous en prie, comme nous l'avons dit l'autre jour c'est ensemble que nous discutons l'orateur ne fait qu'exprimer verbalement, je l'espère les questions que nous nous posons tous en conséquence, ce n'est pas l'orateur que vous écoutez mais écoutez les questions que vous vous posez à vous-même et, par conséquent, l'orateur n'est pas ici présent. La liberté, est-elle l'opposé de la non liberté? Existe-t-il d'ailleurs un opposé quelconque? Vous comprenez? Ainsi, si nous nous écartons du mauvais en faveur du bon et pensons que c'est la liberté le bon étant la liberté si nous acceptons le bon – nous pourrons voir sous peu ce qu'est le bon et ce qu'est le mauvais: le bon, la bonté, est-ce l'opposé de ce qui n'est pas bon de ce qui est mal, de ce qui est mauvais? S'il y a des opposés, il y a alors conflit. Si je ne suis pas bon, je vais essayer de l'être. Je déploierai tous mes efforts pour être bon dans la mesure où je suis tant soit peu conscient sain, pas trop névrosé. Nous posons donc la question suivante: la liberté est-elle l'opposé de quoi que ce soit? Ou si la liberté a un opposé, est-ce encore la liberté? Je vous en prie, examinons cette question ensemble. Ainsi, tout opposé le bon et le mauvais – l'opposé du mauvais étant le bon – ce bon a en soi les racines du mauvais. Examinons cela ensemble, je vous prie.

Si je suis jaloux, envieux l'opposé de la jalousie est un état d'esprit qui n'est pas jaloux – un état, un sentiment. Mais, si c'est l'opposé de la jalousie cet opposé a son propre opposé. Le voyons-nous? Car nous voulons aborder ce matin la question de ce qu'est l'amour si une telle chose existe vraiment. Ou n'est-ce qu'une sensation que l'on nomme amour? Pour comprendre toute la signification la nature et la beauté de ce mot dont nous nous servons pour définir l'amour il nous faut comprendre, je crois ce qu'est le conflit entre opposés si ce conflit est illusoire une illusion dans laquelle nous sommes pris qui est devenue une habitude ou si seul existe « ce qui est » qui, par conséquent, n'a pas d'opposé. J'espère que tout ceci ne devient pas trop intellectuel, n'est-ce pas? Ou trop verbal, trop inepte.

Car aussi longtemps que nous vivrons dans les opposés jalousie et non jalousie le bon et le mauvais l'ignorant et l'éclairé il y a inévitablement ce conflit perpétuel dans la dualité. Naturellement, la dualité existe: homme, femme, lumière et ombre, clarté et ténèbres matin et soir, et ainsi de suite mais psychologiquement, intérieurement nous demandons s'il existe un quelconque opposé. La bonté est-elle le fruit de ce qui est mauvais? Si elle est le fruit de ce qui est mauvais, du mal – je n'aime pas me servir du mot « mal » dont il est fait un usage si désastreux comme pour bien d'autres mots en langue anglaise – donc, si la bonté est l'opposé du mauvais alors cette bonté est elle- même le fruit du mauvais par conséquent ce n'est pas la bonté. N'est-ce pas? Voyons-nous cela en nous-mêmes, non comme une idée, une conclusion que quelqu'un vous a suggérées mais voyons-nous réellement que tout ce qui est né d'un opposé contient inévitablement son propre contraire? N'est-ce pas? S'il en est ainsi il n'y a alors que « ce qui est », qui n'a pas d'opposé. N'est-ce pas? Quelqu'un me rejoint-il? Nous rejoignons-nous?

Ainsi, tant que nous concevons un opposé, il ne peut y avoir de liberté. La bonté n'a absolument aucun rapport avec le mal c'est-à-dire le « mauvais » entre guillemets. Aussi longtemps que nous sommes violents l'existence d'un opposé non violent crée un conflit et la non violence est née de la violence. L'idée de non violence est le produit d'un état agressif, abrasif, coléreux, etc. Il n'y a donc que la violence, non son opposé. Nous pouvons dès lors nous occuper de la violence. Aussi longtemps que nous avons un opposé nous essayons alors de concrétiser l'opposé. Je me demande si vous le voyez?

La liberté est-elle l'opposé de la non liberté? Ou la liberté n'a-t-elle rien à voir avec son opposé? Je vous en prie, il nous faut très bien comprendre cela car nous allons en venir à la question suivante: l'amour est-il l'opposé de la haine l'opposé de la jalousie l'opposé de la sensation? Donc, tant que nous vivons dans cette habitude des opposés ce qui est le cas – « je dois, je ne dois pas je suis, je vais être j'ai été, et dans l'avenir quelque chose va se passer » tout ceci est l'activité, le mouvement des opposés. N'est-ce pas, Monsieur? Pouvons-nous poursuivre?

Nous demandons donc ceci: la liberté est-elle totalement sans rapport avec ce que nous appelons la non liberté? S'il en est ainsi, alors comment cette liberté doit-elle être vécue comprise et appliquée, de sorte qu'en émane l'action? Nous avons toujours agi à partir des opposés. N'est-ce pas? Je suis en prison, je dois m'en libérer. Je dois en sortir. Je suis esclave d'une habitude tant psychologiquement que physiologiquement et je dois m'en libérer pour être autrement. N'est-ce pas? Nous sommes donc pris dans l'habitude de ce corridor sans fin des opposés de sorte qu'il n'y a jamais de fin au conflit à la lutte pour être ceci et pas cela. Je pense que c'est assez clair. Pouvons-nous poursuivre? Ce n'est pas moi que vous écoutez: vous êtes en train de découvrir ceci par vous-même. Si c'est le cas, cela a un sens une signification, et peut être vécu quotidiennement mais si vous vous contentez d'en admettre l'idée venant d'un autre, de l'orateur vous vous contentez alors de vivre dans le monde des idées et par conséquent, les opposés subsistent. Le mot « idée » d'après sa racine grecque et ainsi de suite veut dire observer. Voyez ce que nous avons fait de ce mot! Il s'agit simplement d'observer et ne pas conclure ou de faire une abstraction, une idée de ce que vous avez observé. Nous sommes donc pris dans les idées, et n'observons jamais. Et s'il nous arrive d'observer, nous en faisons une abstraction, une idée.

Nous disons donc ceci: il n'y a pas de lien entre liberté et servitude qu'il s'agisse de la servitude d'une habitude physique ou psychologique ou de la servitude de l'attachement, etc. Il n'y a donc que la liberté, pas son opposé. Si nous en saisissons la vérité nous nous occuperons seulement de « ce qui est » et non de « ce qui devrait être » c'est-à-dire de son opposé. L'avez-vous saisi? Nous rejoignons-nous quelque part? N'est-ce pas?

Questioneur: Oui.

Krishnamurti: Pouvons-nous poursuivre?

Questioneur: Oui.

Krishnamurti: Alors, s'il est très clair qu'il n'y a que le fait, le « ce qui est » et qu'il n'y a pas d'opposé à « ce qui est » si vous comprenez cela fondamentalement et en voyez toute la vérité vous vous occupez de faits sans émotion sans sentimentalité, vous pouvez alors faire quelque chose. Le fait lui-même fera quelque chose. Mais tant qu'on s'écartera du fait le fait et son opposé persisteront. Vous avez compris? Alors, nous demandons à présent: est-ce clair non parce que quelqu'un vous l'a dit mais parce que vous l'avez découvert par vous-même fondamentalement, c'est à vous, pas à moi. Nous pouvons alors commencer à examiner tout cette question très complexe: qu'est que l'amour? Si nous sommes sentimentaux, romanesques et imaginatifs Raphaélites et mi-Victoriens nous ne poserons alors même pas cette question. Mais si nous écartons tout sentiment toute réaction émotionnelle à ce mot ou toute conclusion à propos de ce mot nous pouvons alors aborder sainement salutairement, rationnellement, le sujet de la nature de l'amour. Comprenez-vous? D'accord? Tout d'abord, abordons-nous la question sans motif, sans sentimentalité, sans préjugé? Car c'est l'approche qui importe énormément plutôt que l'objet lui-même. N'est-ce pas? Sommes-nous ensemble ici? Suis-je en train de vous endormir tous, ou quoi? (Rires)

Savons-nous alors comment aborder cette question? Sommes-nous conscients de la manière dont nous l'abordons? Si vous dites: « oui, je sais ce qu'est l'amour » vous avez, par conséquent, arrêté la recherche. Comme nous l'avons dit, la façon d'aborder le problème est plus importante encore que le problème lui-même. N'en faites pas un slogan, ou un cliché sinon, vous avez tout perdu. Alors, sommes-nous au clair sur la manière dont nous abordons la question? Si l'approche est correcte, précise c'est-à-dire qu'elle ne comporte ni conclusion, ni opinion ni expérience, vous alors l'abordez d'un regard neuf vous l'abordez alors dans le sens d'une recherche en profondeur.

Nous disons donc: qu'est-ce que l'amour? Les théologiens ont écrit des volumes là-dessus. Les prêtres du monde entier l'ont chargé de signification. Chaque homme, chaque femme de par le monde lui donne un sens particulier. S'ils sont sensuels ils lui donnent ce sens là, etc., etc., etc. Donc nous sommes conscients de la manière dont nous l'abordons ouvertement, librement, sans aucun motif alors la porte est ouverte à la perception de ce qu'il est. N'est-ce pas? Nous fermons la porte à cette perception si nous l'abordons avec une opinion avec une conclusion quelconque, avec nos propres petites expériences. Nous avons fermé la porte, et la recherche est impossible, mais si vous y venez ouvertement librement, avec ardeur, pour découvrir, alors la porte s'ouvre vous pouvez voir de l'autre côté. Bien? Je vous en prie, le faisons-nous? Car je pense que cela pourrait résoudre tous nos problèmes humains. L'approche et qu'est-ce que l'amour? Dans le monde de la mécanique, il n'existe pas. Pour les peuples totalitaires ce mot est probablement une abomination ils ne connaissent que l'amour du pays, l'amour de l'Etat. Ou si vous êtes un Chrétien, vous avez l'amour de Dieu l'amour de Jésus ou l'amour de quelqu'un. En Inde, c'est l'amour de leur gourou particulier ou de leur divinité particulière, et ainsi de suite. Alors, écartant tout cela non par ignorance, mais voyant ce qui a été fait ce que les religions ont fait de ce mot et ressentant peut-être ce que comporte ce mot étant conscients de tout cela, il faut se pencher là-dessus. N'est-ce pas?

Cela signifie qu'il ne faut pas seulement examiner ce que d'autres ont fait de ce mot comment ils ont imposé à nos esprits certaines conclusions aux cours des âges, mais encore quelles sont nos propres tendances. Etant conscients de tout cela abordons la question avec prudence. Qu'est-ce que l'amour? Est-ce le plaisir? Allons, Monsieur, cherchez, entrez en vous-même pour trouver. Est-ce le plaisir? Ce l'est pour la plupart d'entre nous le plaisir sexuel que nous appelons l'amour, le plaisir sensuel. Et ce plaisir sensuel ce plaisir sexuel a été appelé l'amour. Et cela paraît dominer le monde. Cela domine le monde probablement parce que cela domine nos vies. Nous avons donc identifié l'amour à cette chose appelée plaisir et l'amour est-il plaisir? Ce qui ne signifie pas que l'amour ne soit pas plaisir. Il vous faut examiner cela ce pourrait être quelque chose d'entièrement différent. Mais il faut d'abord examiner la chose. N'est-ce pas? L'amour est-il désir? L'amour est-il souvenir? Je vous en prie. C'est-à-dire, l'amour est-il le souvenir de l'expérience éprouvée en tant que plaisir et le besoin qu'a la pensée de ce désir avec son image? Et la poursuite de cette image est appelé amour. Est-ce là l'amour? N'est-ce pas Monsieur?

Et le fait d'être attaché à une personne ou à un pays, à une idée, est-ce l'amour? Attachement, dépendance. Regardez en vous-même, je vous prie, ne m'écoutez pas. M'écouter n'en vaut pas la peine. Mais ce qui est signifiant, ce qui est valable c'est que vous vous écoutiez vous-même quand ces questions sont posées. Vous devez y répondre par vous-même car c'est de votre vie quotidienne qu'il s'agit. Et si l'attachement n'est pas l'amour ou si l'attachement est l'amour qu'est-ce que cela implique? Vous comprenez ma question? Si nous disons que l'amour est le plaisir il nous faut alors voir toutes les conséquences et les implications de cette affirmation. Nous dépendons alors entièrement de l'excitation sensorielle, sexuelle qu'on appelle l'amour. Et qui s'accompagne de toute la souffrance, de l'angoisse du désir de posséder et de l'attachement né de ce désir possessif. Et de l'attachement naît la peur la peur de perdre. Et de là naît la jalousie, l'angoisse la colère, et peu à peu, la haine. N'est-ce pas?

De même qu'il nous faut voir quelles en sont les conséquences si [l'amour] n'est pas le plaisir? Qu'est-ce alors que l'amour qui n'est ni jalousie, ni attachement ni souvenir ni poursuite du plaisir par l'imagination, le désir, etc.? L'amour est-il alors l'opposé de tout ceci? Vous suivez? J'ai perdu le fil!

Nous disions ceci: l'amour est-il l'opposé du plaisir, de l'attachement, de la jalousie. Si l'amour est cela, cet amour-là comporte alors la jalousie l'attachement et tout ce qui s'ensuit. Par conséquent au vu de toutes les implications de l'attachement de la poursuite du désir du déroulement continu du film des souvenirs – j'aimais, je ne suis pas aimé je me souviens d'un certain plaisir sexuel ou d'un certain incident qui m'a donné du bonheur la poursuite de cela et de l'opposé de ce qu'on appelle l'amour – l'amour est-il alors l'opposé de la haine? Vous comprenez? Ou l'amour n'a-t-il pas d'opposé? Vous suivez tout ceci?

Il fait chaud. Nous sommes donc en train de découvrir – je vous en prie, allez-y et vous verrez quelque chose d'extraordinaire en ressortir. Je ne sais pas encore moi-même ce qui va en ressortir mais je sens que quelque chose d'extraordinaire va en ressortir si vous vous écoutez tous, effectivement. Et les religions ont créé l'amour de dieu l'amour de Jésus, l'amour de Krishna, l'amour de Bouddha vous suivez? – sans aucun lien avec la vie quotidienne. Et ce qui nous préoccupe, c'est la compréhension et la découverte de la vérité de notre vie quotidienne dans sa totalité, pas simplement le sexe, le pouvoir ou la situation ..ou la jalousie, ou quelque complexe stupide que l'on peut avoir mais toute la structure et la nature de la vie extraordinaire dans laquelle nous vivons.

Donc, ainsi que nous le disions, l'opposé n'est pas l'amour. Si nous comprenons cela par la négation de « ce qui n'est pas » c'est-à-dire, pas en le niant ou le refusant dans le sens de l'écarter, d'y résister de le contrôler, mais en comprenant toute la nature la structure et les implications du désir du plaisir, du souvenir. Il en émane l'essence de l'intelligence c'est-à-dire l'essence même de l'amour. N'est-ce pas? Nous rejoignons-nous, Monsieur?

Vous dites: c'est impossible. Je suis jeune, j'ai de la pêche j'ai plein d'énergie sexuelle, et je veux m'y complaire. Appelez cela comme vous voulez, mais cela me plaît. Jusqu'à ce que j'attrape une maladie ou qu'un homme ou une femme me quitte pour quelqu'un d'autre alors commence tout le cirque: jalousie, angoisse, peur, haine, et ainsi de suite. Alors, que faire quand on est jeune plein de vie, et toutes les glandes en pleine activité? Que faire? Ne me regardez pas! (Rires) Regardez-vous. Ce qui signifie – écoutez je vous prie ce qui signifie que vous ne pouvez dépendre d'autrui pour trouver la réponse. Il faut être votre propre lumière. Soyez votre propre lumière afin de comprendre le désir, le souvenir, tout l'attachement et tout cela – comprenez-le, vivez-le, découvrez. Découvrez comment la pensée recherche sans fin le plaisir. Si vous comprenez la profondeur la plénitude et la clarté de tout cela nous ne serons alors pas dans un état de contrôle perpétuel puis de culpabilité et de regret – vous suivez? Tout ce par quoi l'on passe quand on est jeune si l'on est sensible. Si l'on ne s'intéresse qu'au plaisir, eh bien c'est une autre affaire.

L'amour n'est donc pas l'opposé de la haine du désir ou du plaisir. L'amour est donc tout autre chose que tout cela car, l'amour n'a pas d'opposé. Si vous comprenez réellement ceci – approfondissez-le, pas à travers mon enthousiasme, ma vitalité mon intérêt, mon intensité – vous découvrirez alors ce qui englobe encore plus que tout cela: la compassion. Ce mot « compassion » veut dire passion pour toute chose. Pour le rocher, pour l'animal errant, pour les oiseaux pour les arbres, la nature, les êtres humains. Comment cette compassion s'exprime-t-elle? Quand il y a cette compassion, effectivement pas théoriquement et toutes ces inepties quand il y a effectivement cet état de compassion tout acte procédant de là est un acte d'intelligence. Car il ne peut y avoir amour si l'on n'a pas compris tout le mouvement de la pensée. On ne peut saisir toute la beauté toute la signification et la profondeur de ce mot si l'on ne comprend pas tout le phénomène de l'attachement pas intellectuellement, mais effectivement dans la mesure où l'on est libre de l'attachement à l'égard de l'homme ou de la femme de la maison, d'un certain tapis ou de n'importe quel objet que vous possédez. N'est-ce pas?

Alors, de cette recherche et de la prise de conscience de tout ce que cela signifie émane l'intelligence pas celle qui naît des livres, de pensées astucieuses, de discussions d'expressions brillantes, et tout cela mais de la compréhension de ce que l'amour n'est pas et laissant tout cela de côté. Pas en disant: « eh bien, je vais découvrir tout cela graduellement quand je serai mort et enterré, ou juste avant ». Maintenant, aujourd'hui-même pendant que vous êtes assis ici vous écoutant vous-même être complètement libre de tout attachement à votre femme, votre mari, votre amie – l'attachement, vous comprenez? Le pouvez-vous? Sans y résister, sans le rejeter: « je vais le combattre, mobiliser ma volonté pour y résister », etc., ect., etc. La volonté fait partie du désir.

Pouvez-vous donc écarter l'attachement, la dépendance sans devenir cynique, amère sans vous replier sur vous-même et résister. Du fait que vous avez compris ce qu'implique l'attachement cette compréhension même fait qu'il disparaît et il disparaît parce que vous êtes intelligent il y a intelligence.

Cette intelligence n'est ni la vôtre, ni la mienne, c'est l'intelligence. Ainsi, l'acte de compassion ne peut naître que de l'intelligence ne peut venir que par l'intelligence. Voyez ces personnes qui aiment les animaux les protègent et portent leur fourrure, n'est-ce pas?

Vous l'avez bien vu, n'est-ce pas? Quand nous avons compris cela, dans toute sa profondeur nous pouvons alors aborder l'examen de ce problème de la peur à l'égard de la mort. D'accord? Vous le voulez bien? Non, non, je vous en prie (Rires) Ne dites pas à la légère: « oui, faisons cela, pour le plaisir ». En effet, que nous soyons jeunes ou vieux que nous soyons malades, ou boiteux aveugles, sourds, ou ignorants pauvres, nous avons, pour la plupart, peur de la mort. Il est de notre tradition, de notre culture de notre vie quotidienne d'éviter cette chose que nous appelons la mort. Nous avons tout lu à ce sujet. Nous avons vu des gens mourir nous les avons pleurés et éprouvé cet immense sentiment d'isolement, de solitude et la peur de tout cela. Et cela donne lieu à cette grande souffrance, affliction non seulement la souffrance de deux êtres humains mais aussi cette grande souffrance cette souffrance globale, dans le monde. Je ne sais si vous avez conscience de tout cela. Nous avons eu récemment deux guerres. Cela n'a-t-il pas causé une immense souffrance dans l'humanité? Non? Pensez-donc, combien de femmes, d'enfants de gens ont pleuré, versé des larmes. Ce ne sont ni mes larmes, ni les vôtres, mais les larmes de l'humanité. Il y a donc une souffrance globale la souffrance du monde et il y a aussi un être humain en proie à sa souffrance.

Etes-vous tous hypnotisés par moi? Je suis un peu inquiet Je pose toujours cette question, vous voyant tous tellement silencieux et j'espère que ce silence indique l'absence de tout mouvement physique et l'absence de tout mouvement de pensée. Cela montre-t-il que vous vous sentez tous vraiment, profondément concernés que vous cherchez profondément, de tout votre cœur et esprit de votre être tout entier, à comprendre tout cela?

Aussi, avant d'aborder cette question de la mort il nous faut aussi comprendre la nature de la souffrance: pourquoi nous versons des larmes pourquoi nous rationalisons la douleur pourquoi nous nous y accrochons. Dans le monde chrétien, on a mis la souffrance sur la croix et c'en est fini. Vous avez idéalisé ou remis cette souffrance à quelqu'un et cette personne va vous racheter la souffrance. Vous savez tout cela, n'est-ce pas? Aussi, ne va-t-on jamais au fond de cette question de la souffrance. Dans le monde asiatique, la douleur s'explique par diverses théories, très intelligentes, très habiles. Ces théories offrent de grandes possibilités mais pourtant, dans le monde asiatique y compris l'Inde, la souffrance est toujours là. Aussi, nous demandons si l'homme pourra jamais s'en affranchir. Nous posons cette question afin de découvrir sa juste place la juste place du sexe, de l'argent de la sécurité physique, du savoir technologique, et ainsi de suite. Toutes ces chose ont leur juste place. Une fois que vous les avez mises à leur juste place, la liberté vient.

La souffrance: le mot souffrance implique la passion. – la passion, pas la convoitise – mais cette qualité d'esprit [est là] quand la souffrance est totalement comprise et approfondie vue dans toute sa signification il en alors la passion. Il ne s'agit pas de peindre des tableaux – ce n'est pas ce que je veux dire. La passion cette qualité d'énergie qui ne dépend de rien ni de l'environnement, ni de la bonne nourriture, etc c'est cette formidable qualité d'énergie qui peut être désignée sous le nom de passion. Elle naît de la compréhension de ce fardeau que l'homme a porté pendant des millénaires. Pourquoi souffrons-nous, psychologiquement? On peut éprouver une douleur physique, être blessé, malade, infirme et est-il possible – écoutez calmement, je vous prie – de mettre la douleur physique à sa juste place et de ne pas la laisser agir sur l'état psychologique de l'esprit – vous comprenez ce que je dis?

On éprouve souvent la douleur physique, sous une forme ou une autre. On peut subir une maladie grave ou une infirmité et cette maladie, cette infirmité, etc il ne faut pas les laisser agir sur la liberté sur la fraîcheur de l'esprit. Il faut une extrême vigilance et attention pour ne pas enregistrer la douleur physique vous comprenez? – psychologiquement. Nous rejoignons-nous? Il vous est arrivé d'aller chez le dentiste, n'est-ce pas? moi aussi, comme la plupart d'entre nous et éprouvé une douleur physique considérable, des heures durant et il s'agit de ne pas du tout enregistrer cette douleur. Car si vous l'enregistrez vous craignez alors d'y retourner, la peur se manifeste. Tandis que si vous n'enregistrez pas la douleur – vous suivez? une toute autre qualité d'esprit, du cerveau, entre en jeu. Nous avons approfondi la question de l'enregistrement avec beaucoup de clarté, de soin, je n'y reviendrai donc pas.

De même nous vivons dans la souffrance peut-être de plus en plus à cause des divorces: les gens divorcent et leurs enfants passent par de grandes difficultés les enfants souffrent deviennent névrosés subissent tout cela. Lassé de sa femme actuelle pour diverses raisons, sexuelle ou autre et l'on se met en quête d'une autre femme – ou inversement vous suivez tout ceci? – c'est bien ce qui a lieu. Il y a donc une énorme souffrance dans le monde les prisonniers la pauvreté en Inde et en Asie une pauvreté incroyable. Et la souffrance de ceux qui vivent dans les Etats totalitaires. Nous parlions l'autre jour à une personne rencontrée en Suisse et nous lui avons demandé: comment pouvez-vous tolérer tout cela? « On s'y habitue », répondit-elle. Non, non, voyez tout ce que cela implique. Nous nous habituons à l'oppression, à la répression, à la peur surveillant toutes nos paroles – on s'y habitue. Comme nous nous habituons à notre propre petit environnement vous comprenez ce que je dis?

Alors, est-il possible d'être totalement affranchi de la souffrance? Si l'esprit, si le cerveau est capable de ne pas se complaire dans son propre malheur dans sa propre solitude dans ses propres anxiétés, sa peine et sa lutte vous savez, la peur et tout cela il n'y a alors aucun centre à partir duquel vous agissez – le centre étant le « moi » avec tout ce que nous y avons incorporé. Tant que cela existe, la souffrance est inévitable. Ainsi, la fin de la souffrance est la fin du « moi », de l'ego. Ce qui ne veut pas dire que la fin du « moi » implique rudesse, indifférence – au contraire.

Ainsi, nous savons ce qu'est la souffrance et il s'agit de ne jamais la fuir seulement de vivre avec elle, de la capturer, de la comprendre de l'examiner au moment même, pas au bout de quelques jours après être passé par toutes sortes de luttes seulement de ne jamais s'écarter de ce fait. Cela n'engendre alors aucun conflit. Il en émane alors une énergie d'une toute autre nature c'est-à-dire la passion.

Nous pouvons donc aborder la question suivante: qu'est-ce que la mort? Tout ceci est nécessaire pour découvrir ce qu'est la méditation vous comprenez? Etre affranchi des vexations, blessures psychologiques être affranchi de la peur comprendre tout le mouvement du plaisir la nature et la structure de la pensée et la pensée qui a créé la division: le « moi », et la chose observée qui n'est pas'moi » vous suivez? – toutes les divisions. Il faut comprendre tout cela et en établir le fondement alors on peut vraiment méditer sinon, vous vivez dans l'illusion une sorte de rêverie fantasmagorique. Ou vous vous rendez au Japon, ou en Birmanie – j'ignore si l'on peut se rendre en Birmanie de nos jours – au Japon et y apprendre la méditation Zen. Tout cela est tellement inepte! Car tant que vous ne mettez pas votre maison en ordre la maison qui brûle, qui se détruit si vous ne mettez pas votre maison, c'est-à-dire vous-même, en ordre s'asseoir sous un arbre en tailleur ou en lotus ou dans toute autre autre position, n'a absolument aucun sens. Vous pouvez vous bercer d'illusions avoir pléthore d'illusions. Voilà donc pourquoi il importe de comprendre et d'être délivré de l'angoisse, de la peur, de l'attachement et [de voir] s'il est possible de découvrir la fin de la souffrance.

Nous pouvons alors aborder la question de la mort. Je me demande pourquoi nous en avons tous tellement peur. Vous êtes vous jamais demandé: que veut dire mettre fin à n'importe quoi? Que veut dire mettre fin à l'attachement? Y mettre fin en ce moment même, assis là en train de vous observer très soigneusement et de vous rendre compte que vous êtes attaché à une personne ou à ceci ou cela, à des idées, à vos expériences, etc. Mettre fin à cet attachement, maintenant, sans discussion, etc., etc. Simplement, y mettre fin. Que se passe-t-il alors? Comprenez-vous ma question? Je suis attaché à cette maison, là, derrière moi. J'espère que non! Et, me rendant compte que j'y suis attaché non pas théoriquement, de façon abstraite, mais effectivement j'ai la sensation de la posséder d'y exister, et toutes ces inepties Il faut observer cela être conscient de cet attachement et y mettre fin instantanément. Le fait de mettre fin est d'une importance capitale la fin d'une habitude fumer, ou toute autre habitude: y mettre fin. Il faut donc comprendre ce que veut dire mettre fin à quelque chose sans effort, sans volonté sans demander: « si je cesse ceci, vais-je obtenir cela? » Ce n'est alors qu'un marché. Au marché, vous dites: « je vous donnerai ceci, donnez-moi cela » ce que fait la plupart d'entre nous, consciemment ou inconsciemment. Ce n'est pas là mettre fin. Il faut mettre fin et découvrir ce qui ce passe.

Il en va de même pour la mort. Je vous en prie, arrêtez-vous là un instant ne dites pas : « est-ce qu'il y a une vie après la mort? » « Croyez-vous en la réincarnation? » Comme je l'ai dit, je ne crois en rien. Point final. Réincarnation comprise. Mais, je veux découvrir – il faut découvrir ce que signifie mourir. Ce doit être un état extraordinaire. C'est-à-dire, être libéré du connu vous comprenez ceci? Je connais ma vie – votre vie. Vous connaissez très bien votre vie, si vous l'avez approfondie l'avez observée, avez étudié avec soin toutes vos réactions et votre comportement, votre manque de sensibilité ou étant sensible, votre fuite dans l'insensibilité etc., etc., etc. Vous connaissez très bien votre vie, si vous l'avez observée. Et tout cela va prendre fin. N'est-ce pas? Votre attachement va prendre fin quand vous mourrez. Vous ne pouvez l'emporter avec vous mais vous aimeriez peut-être le conserver jusqu'au dernier moment. N'est-ce pas? Alors, pouvez-vous mettre fin à vos habitudes, à une habitude sans discuter, sans la rationaliser, sans la combattre? Vous savez, c'est fini, terminé, passé. Que se passe-t-il alors? Vous ne le découvrirez que si vous ne faites pas intervenir la volonté. N'est-ce pas? « Je vais y renoncer » quelle que soit votre habitude spécifique. Vous êtes alors en lutte avec elle vous vous battez contre elle, vous la fuyez la réprimez, et tout ce qui s'en suit. Mais si vous dites « oui, j'y mettrai fin, peu importe, j'y mettrai fin » voyez ce qui se passe.

De la même manière, la mort implique la fin. La fin de tout ce que l'on a amassé pendant cette vie: le mobilier, le nom, la forme vos expériences, vos opinions, vos jugements vos jalousies, vos dieux, votre culte, vos prières vos rituels, tout prend fin. Le cerveau, qui a recueilli des souvenirs immémoriaux des traditions et des pensées manquant d'oxygène, ce cerveau cesse d'exister. C'est-à-dire, le « moi » qui a tant amassé le « moi » est la somme de tout ceci. N'est-ce pas? C'est évident. Non? Le « moi » est ma peur, le « moi » est mon attachement ma colère, ma jalousie, mes craintes, mon plaisir mon attachement, mon amertume, mon agressivité voilà ce qu'est le « moi ». Et ce « moi » va prendre fin. Ce « moi » est projeté par la pensée laquelle est le fruit du savoir savoir acquis pendant mes 50, 60, 30, 20, 80, ou 100 années tel est le fait, le savoir, le connu. La fin du connu c'est la liberté à l'égard du connu, c'est la mort, n'est-ce pas? Non?

Et il faut découvrir si l'esprit peut se libérer du connu. Pas au bout de 30 ans, mais maintenant. La fin du connu c'est le « moi », le monde dans lequel je vis, tout cela. Le « moi » est souvenirs – écoutez tout ceci, je vous prie le « moi » est les souvenirs, les expériences le savoir que j'ai acquis pendant quarante, soixante, trente, vingt, ou cent ans le « moi » qui a lutté le « moi » qui est attaché, à cette maison, à cette femme à cet homme, à cet enfant, à ce mobilier, à ce tapis ce « moi » qui est l'expérience que j'ai amassée durant bon nombre d'années le savoir, la douleur, l'anxiété, les peurs les jalousies, les blessures, les croyances en tant que chrétien l'amour de Jésus, l'amour du Christ, tout cela est le « moi ». Et ce « moi » n'est qu'un tas de mots – non? Un tas de souvenirs.

Alors, puis-je être libéré du connu puis-je mettre fin au connu maintenant pas quand la mort arrive et dit: « allez, mon vieux, ton heure est arrivée ». Maintenant. Mais nous nous accrochons au connu, car nous ne connaissons rien d'autre. Nous nous accrochons à nos souffrances, à notre vie la vie qui est douleur, anxiété vous connaissez tout cela c'est-à-dire, notre malheureuse vie quotidienne. Et si l'esprit ne s'y accroche pas du tout tout cela prend fin. Mais nous n'y mettons malheureusement jamais fin. Nous disons toujours: « oui, très bien, je vais y mettre fin, mais que va-t-il se passez? » Nous voulons ainsi que cette fin comporte un réconfort. Comprenez-vous, Messieurs? Alors, quelqu'un passe par là et dit: « allez, croyez en ceci cela vous procurera un immense réconfort. » Tous les prêtres de par le monde viennent vous tapoter l'épaule, ou vous prendre la main quand vous pleurez ils vous donnent le réconfort, l'amour de Jésus ou « il vous sauvera, faites ceci, faites cela ». Comprenez-vous? Nous parlons de la fin intemporelle de la cessation du temps, c'est-à-dire la mort. Comprenez-vous?

Alors, que se passe-t-il quand a lieu la fin du « moi » du connu, et quand on est libéré du connu? Est-ce du tout possible? Ce n'est possible que lorsque l'esprit a compris et mis chaque chose à sa juste place si bien qu'il n'y a aucun conflit. Quand on est libéré de ce connu qu'y a-t-il? Comprenez-vous ma question? Vous posez-vous cette question? Je vais mettre fin à mon attachement à cette maison à cette femme, ou à ce garçon, ou à cette fille. J'y mettrai fin. Et alors? Vous le demandez-vous? Si vous posez la question: « et alors » c'est que vous avez abordé tout le problème de façon inadéquate. Vous ne poserez jamais cette question « et alors ». Le fait même de poser la question « et alors » implique que vous n'avez pas réellement abandonné, mis fin à quoi que ce soit. C'est un esprit paresseux qui dit « et alors ». Gravissez la montagne et vous découvrirez ce qu'il y a de l'autre côté. Mais la plupart reste confortablement assis dans le fauteuil écoutant la description et se satisfaisant de la description.

Troisième Causerie à Brockwood Park

Samedi 2 Septembre 1978

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