Suggestion
Subscribe to the Subscribe
And/or subscribe to the Daily Meditation Newsletter (Many languages)
Chaine Youtube sur l'Enseignement de Krishnamurti en français S'abonner
Print   pdf Pdf
                         Diaspora      rss 

Dans le silence absolu l'esprit rencontre ce qui est éternel

Septième Causerie Publique à Saanen

Dimanche 22 Juillet 1979

Krishnamurti: Je crois que c'est la dernière causerie. Nous aurons à partir de mercredi des dialogues, pendant 5 jours. Pourquoi êtes-vous assis aussi silencieusement?

Avez-vous jamais remarqué que nos esprits sont très rarement tranquilles silencieux, exempts de problèmes ou si problèmes il y a, ceux-ci sont momentanément écartés et l'on a ainsi un esprit libre, non encombré qui ne s'étend, ni ne cherche rien mais est absolument tranquille, silencieux, et observant peut-être non seulement ce qui a lieu dans le monde, mais aussi ce qui a lieu dans le monde intérieur, le monde de notre propre existence de nos propres attitudes, de nos peines – observant tout simplement. Je me demande si l'on n'a jamais fait une telle chose. Ou sommes-nous toujours en train de chercher. de demander, d'analyser, d'exiger d'essayer d'accomplir, de suivre quelqu'un, quelque idéal, etc .ou de nous efforcer d'établir une bonne relation avec autrui? Je me demande pourquoi y a-t-il constamment cette lutte, cette contestation et cette quête? On se rend en Inde, j'ignore pourquoi, à la recherche de quelque chose d'extraordinaire devant se produire quand vous serez dans ce pays en suivant quelqu'un qui vous dit de danser, de chanter de faire tout ce que vous voulez. (Rires) Et il y a ceux qui essayent de vous forcer. à méditer d'après une certaine mode à accepter l'autorité, à accomplir certains rituels à crier quand vous le voulez, etc. Pourquoi faisons- nous tout ceci? Quelle est cette soif interminable? Que cherchons-nous? Si nous pouvions pénétrer un peu ceci tâchant de trouver par nous-mêmes ce à quoi nous aspirons, ce que nous cherchons en essayant de réaliser, de devenir quelque chose.

Mis à part les croyances religieuses, les dogmes et rituels que les gens suffisamment intelligents ont totalement écartés et sans aller au Tibet ou au Japon, ou s'essayer au Bouddhisme Zen vous connaissez toute cette affaire, mais en restant tranquillement chez soi, ou en faisant une promenade solitaire peut-on se demander le pourquoi de cette soif inextinguible? Pourrions-nous approfondir un peu cela? Car nous avons presque tout couvert lors de ces 6 dernières causeries. Nous avons parlé de la peur, réfléchissant ensemble nous avons parlé de la souffrance du plaisir, et nous avons aussi parlé de l'intelligence, de l'amour et de la compassion. Comme nous l'avons indiqué, sans intelligence – nous l'avons approfondi – il ne peut y avoir d'amour ou de compassion. Ces choses vont ensemble. Pas l'intelligence des livres, d'un assemblage rusé de la pensée ni l'intelligence d'un esprit très habile et subtile mais l'intelligence qui perçoit directement ce qui n'est pas vrai et ce qui est faux, ce qui est dangereux et qui l'abandonne aussitôt, une telle qualité d'esprit est intelligente. Et si nous pouvions examiner ce matin non seulement ce que nous cherchons tous, ce à quoi nous aspirons peut-être pourrions-nous trouver par nous-mêmes pendant notre progression, qu'elle est la qualité d'un esprit – l'esprit comprenant tous nos sens, toutes nos réactions toutes nos émotions et la capacité de penser très clairement tout ceci constitue l'esprit dont l'essence est la pensée. Peut-être pourrions-nous parler ensemble de la nature de la méditation et voir si la vie, notre existence quotidienne, comportent non seulement les activités matérielles et les possessions matérielles, l'argent, le sexe les sensations, mais si au-delà de tout cela il existe quelque chose de réellement sacré, non construit par la pensée, ni les images que la pensée à créées sous diverses formes, dans les cathédrales les temples, etc., si nous pouvions vraiment découvrir par nous-mêmes peut-être par la méditation, étant libérés de toute illusion de tout leurre, et en réfléchissant très honnêtement, s'il existe quelque chose de réellement sacré, ce qui est le mouvement de la méditation.

Alors, pour commencer, si nous le pouvons pensons ensemble, pour voir de quoi sommes-nous affamés? La plupart des gens ont eu divers types et variétés d'expériences non seulement des expériences sensorielles mais des incidents qui ont provoqué des mouvements émotionnels, sentimentaux et romantiques divers mais ces expériences que l'on a éprouvées sont plutôt triviales et il se pourrait que toute expérience soit assez triviale. Et quand nous commençons à étudier ce que tous nous cherchons, voulons ce à quoi nous aspirons, n'est-ce là qu'une sensation...ou une chose recherchée par le désir, ce qui ne peut évidemment qu'être superficiel? Et pouvons-nous en pensant ensemble aller du superficiel vers une recherche plus profonde, plus large? N'est-ce pas? Ainsi, vous et l'orateur réfléchissez ensemble pour savoir si toutes nos aspiration ne sont que des exigences superficielles, sensorielles, ou sont-elles une aspiration, une recherche, la soif de quelque chose de très au-delà de tout cela? Comprenez-vous ma question? Comment étudiez-vous cela?

Après avoir posé cette question, à savoir: ...votre recherche, votre aspiration ne sont-elles que superficielles comme vouloir plus d'argent de meilleurs rapports humains, essayer de réaliser, d'être heureux vous savez, superficiellement, en surface comment étudiez-vous cela? Au moyen de l'analyse? L'analyse relève du même mouvement de la pensée: regarder en arrière. Et la pensée, en s'examinant analytiquement avec ses incidents ses expériences, sera toujours limitée car la pensée est limitée. C'est clair. Mais, c'est le seul instrument dont nous disposons, aussi persistons-nous à nous servir du même instrument en sachant qu'il est limité et qu'il est incapable de résoudre le problème, ou d'avoir la faculté d'effectuer une très profonde recherche et pourtant, nous persistons dans cette voie. N'est-ce pas? Je pense que nous ne nous rendons jamais compte. à quel point cet instrument est émoussé, épuisé qu'étant incapable de résoudre le problème il devrait donc être écarté. Nous ne paraissons pas être capables de faire cela, pourquoi? Cherchez avec moi, s'il vous plaît. Comprenez-vous ma question?

La pensée a créé le monde technologique. N'est-ce pas? La pensée a créé toutes les divisions du monde. La pensée a créé non seulement les divisions nationales mais encore les divisions religieuses les divisions idéologiques, toutes les divisions entre deux personnes quand bien même pensent-elles s'aimer, il y a toujours cette division et la pensée est responsable de tout cela, c'est une évidence. Admettons-nous cela? – à savoir que l'activité de la pensée étant limitée, étant le produit du passé elle engendrera inévitablement une division; elle est donc limitée. La pensée ne peut jamais voir le tout. N'est-ce pas?

Alors, pouvons-nous demander: une telle activité est-elle superficielle? Ou la pensée, avec ses limites, peut-elle approfondir son investigation? Suivez-vous ce que je dis? Nous sommes-nous compris? Pouvons-nous poursuivre? Je vous en prie, ceci n'est pas une explication verbale il ne s'agit pas d'être clair verbalement, mais plutôt de découvrir par nous-mêmes quelle est. la racine de cette faim, de ce grand désir de chercher, de trouver, vous savez ce mouvement continu – dehors et dedans. C'est évident, n'est-ce pas?

L'observation – observer – est-ce l'instrument de la pensée? Vous suivez? Approfondissez un peu ceci avec moi, s'il vous plaît. Observer: cela implique-t-il le mouvement de la pensée? Vous pourriez observer puis conclure concevoir, créer à partir de cette observation. La création l'activité partant de cette observation est le mouvement de la pensée. C'est ce que nous faisons généralement. On voit cette couleur, il y a son observation puis: « j'aime ou je n'aime pas », les préjugés tout cela relevant du mouvement de la pensée. N'est-ce pas? Peut-on observer sans aucun mouvement de pensée? Cela demande-t-il une discipline quelconque? Vous comprenez? La discipline, sa racine, c'est apprendre. Apprendre, pas se conformer, pas imiter pas abrutir l'esprit, la routine, tout cela, mais apprendre. Alors, peut-on apprendre l'activité de l'observation sans que la pensée ne crée d'image à partir de cette observation et agisse conformément à cette image? N'est-ce pas? Peut-on simplement observer? C'est-à-dire apprendre: observer et apprendre ou être conscient du mouvement de la pensée qui intervient dans cette observation. Apprendre à ce sujet. Voilà ce qu'est la vraie discipline: apprendre. Je me demande si vous l'avez saisi? Nous suivons-nous les uns les autres? Le faisons-nous pendant que nous parlons, ou allez-vous y réfléchir? Je vous en prie, nous le faisons tous ensemble, y réfléchissons ensemble.

Nous disons donc: lors de l'observation, de – mettons – nos aspirations de notre soif de quelque chose, peut-on observer sans aucun motif le motif étant le passé, qui pourrait être le désir, la conclusion de la pensée – sans que le passé n'intervienne dans cette observation? Pouvez-vous le faire? Voilà ce qu'est apprendre. Ce mouvement tout entier: l'observation, l'intervention de la pensée le résultat et l'effet que donne ce mouvement, simplement d'observer. On veut apprendre. Apprendre, c'est accumuler du savoir, généralement. N'est-ce pas? L'école, le lycée, l'université ou l'apprentissage des rapports humains, etc., apprendre. Avoir accumulé du savoir et puis agir. N'est-ce pas? Le but de l'apprentissage est d'accumuler du savoir et à partir de là agir avec compétence, ou incompétence, cela dépend. Ou bien vous agissez et puis apprenez, c'est-à-dire accumulez du savoir à partir de l'action. Vous avez compris? Suivez-vous tout ceci? Votre action est donc toujours fondée sur l'accumulation de savoir. N'est-ce pas? Agir et apprendre de cette action et accumuler. Accumuler du savoir et agir. N'est-ce pas? Nos actes reposent donc toujours sur le passé ou le passé projetant le futur, on agit en fonction du futur. C'est le même mouvement, modifié, mais c'est encore le même mouvement. N'est-ce pas? Je me demande si vous suivez tout ceci? Etes-vous en train de le faire, Messieurs? Quelle chaleur!

Nous indiquons quelque chose de tout à fait différent. Vous comprenez? Accumuler du savoir et puis agir. Accumuler du savoir et projeter le futur à partir de ce savoir, et agir à partir du futur. Nos actions résultent donc invariablement du passé ou du futur c'est l'action fondée sur le temps – hier, aujourd'hui et demain. Hier qui rencontre le présent c'est-à-dire aujourd'hui qui se modifie et continue. N'est-ce pas? Notre action repose là-dessus. Donc nos actions sont toujours incomplètes, évidemment. Car elles comportent des regrets un sentiment de frustration, elles ne sont jamais complètes, évidemment. N'est-ce pas?

A présent, nous indiquons tout autre chose à savoir, une observation qui ne comporte ni passé ni futur. Il ne s'agit que d'observer. Comme un chercheur compétent observe dans un microscope observant ce qui se passe effectivement. N'est-ce pas? Quand il observe ce qui se passe effectivement la chose qu'il observe subit un changement, un mouvement. N'est-ce pas? Ecoutez ceci, je vous prie! Peut-on on observer le désir, la recherche, l'ardeur, l'intense énergie l'exigence, observer cela simplement, sans le mouvement du passé? Vous avez saisi? Suivez-vous tout ceci? Je vous en prie, ceci n'est pas si intellectuel que cela. C'est purement logique, raisonnable et par conséquent, plutôt sensé. Sensé, c'est-à-dire sain. Alors, pouvons-nous faire cela? Observer nos aspirations, ce que nous voulons dans la vie, l'objet de notre quête, de notre poursuite – ce que font la plupart sinon vous ne seriez pas tous ici. Approfondissez ceci encore un peu, je vous prie vous lisez des livres de philosophie, de psychologie pour un doctorat en ceci et cela, ou des livres soi-disant religieux. Ceux-ci pointent toujours vers un quelque chose au-delà la parapsychologie, vous comprenez? ...un quelque chose en plus, de plus en plus profondément. Et après les avoir lus, on dit: « cela existe peut-être, allons-y ». Et l'on se fait prendre par les prêtres, par les gourous par la dernière mode, etc., jusqu'à ce qu'on pense avoir trouvé quelque chose de satisfaisant – n'est-ce pas? – qui procure... Vous dites: « je suis parfaitement heureux, inutile de chercher davantage ». Ce qui pourrait bien être une illusion. Et la plupart des gens aiment vivre dans l'illusion.

Et toutes vos quêtes et exigences, votre faim, n'ont pas résolu ou engendré une bonne société – vous comprenez? – une bonne société fondée sur la paix, sans violence, où personne ne cherche à réaliser ses propres ambitions, avec ce que cela comporte de violence. Le but de notre étude de tout ceci est de susciter une bonne société dans laquelle les êtres humains puissent vivre heureux, sans crainte sans conflit, sans toute cette lutte, cette bataille cette brutalité et tout le reste. Telle est l'objectif de cette recherche, car une société se construit à partir des rapports des gens entre eux. Si nos rapports ne sont pas corrects précis, réels, nous créons alors une société telle qu'elle existe maintenant c'est ce qui a lieu dans le monde. N'est-ce pas?

L'object de notre étude est donc ceci: les humains étant séparés vous cherchez quelque chose, un autre cherche tout autre chose chacun demandant autre chose. N'est-ce pas? Et par conséquent, nous avons toujours ce mouvement centré sur soi. Et la société que nous avons créée est fondée sur ces problèmes égocentriques, ambitions et réalisations égocentriques disciplines égocentriques affirmant « je dois », ce qui amène la violence. Nous étudions tout cela, nous l'avons fait, et étudions aussi l'esprit – votre esprit – l'esprit – vous comprenez? Quand nous nous servons du terme « esprit » il ne s'agit pas de votre esprit ou du mien, mais de l'esprit. Parce que votre esprit est semblable à celui. de milliers, de millions de personnes. N'est ce pas? Qui se débattent, luttent, exigent, suivent, acceptent obéissent, idéalisent, appartiennent à quelque religion éprouvent souffrance, douleur, angoisse... – votre esprit est ainsi, et les autres le sont aussi. N'est-ce pas? Votre esprit ne vous appartient donc pas. C'est l'esprit. Je ne sais si vous le voyez? Peut-être ne le voyez-vous pas, parce que votre vanité, le sentiment de votre importance individuelle pourrait empêcher cette observation ce qui a lieu. N'est-ce pas? Je me demande si vous voyez ceci? Ainsi, jusqu'à ce que nous comprenions véritablement cette similitude psychologique qui existe entre les êtres humains que nous sommes .nous autres êtres humains seront malheureux, partout dans le monde. Tous prient, mais la prière ne répond pas à ce problème. Ils sont toujours malheureux, toujours en lutte, dans le désespoir. Tel est l'esprit commun. Et donc, quand nous conduisons notre étude nous étudions l'être humain et non moi ou vous. Nous sommes des êtres humains. Je me demande si vous voyez tout ceci?

Et dans cette étude, peut-on observer le monde extérieur les divisions et tout ce qui s'ensuit, la terreur le danger, les politiciens avec leurs crimes pouvons-nous simplement observer tout cela, sans tirer de conclusion? Si nous observons ce qui a lieu là dehors, et observons également ce qui à lieu à l'intérieur, nos actes ne sont alors ni à vous, ni à moi. Je ne sais si vous suivez tout ceci? Car nous agissons alors ensemble – comprenez-vous? ....parce qu'ensemble, nous avons observé la même chose.

Nous demandons maintenant: que cherchons-nous? Vous comprenez? Si vous vous interrogez sur l'objet de votre quête, à savoir: ...est-ce l'argent, la sécurité, est-ce d'être libre de la peur afin d'éprouver un plaisir sans fin, cherchez-vous à vous libérer du fardeau de l'affliction, non seulement le vôtre, mais celui du monde? Ou cherchez-vous – mise à part toute l'ineptie religieuse cherchez-vous quelque chose d'intemporel .une chose que la pensée n'a absolument pas touchée? Vous comprenez? Quelque chose d'essentiellement original, d'absolument incorruptible? Allons, trouvez par vous-même en tant qu'être humain semblable aux autres êtres humains du monde ce vers quoi va votre aspiration, votre quête, votre faim.

Si l'on veut des expériences, du fait que l'on a eu des expériences sensorielles des expériences sexuelles ou d'un autre ordre, et l'on a dit: ...'cela suffit, j'ai eu tout cela, mais je veux autre chose vous suivez? – encore plus est-ce cela que vous cherchez? Quelque expérience qui vous procurera un très grand enchantement une grande compréhension, une illumination, une transformation. Comment le découvrirez-vous?

Avant toute chose, il faut être libre de toute illusion pour trouver. N'est-ce pas? Ce qui implique une solide honnêteté, afin que l'esprit ne se leurre pas. N'est-ce pas? Pour ne pas se leurrer, il faut comprendre toute la nature du désir. N'est-ce pas? Parce que c'est le désir qui crée l'illusion le désir d'accomplir, l'espoir de quelque chose de plus. Donc, si l'on ne comprend pas toute la nature et la structure du désir, celui-ci créera inévitablement l'illusion. Et nous avons approfondi la question du désir. Alors, ayant compris l'activité du désir, sa valeur relative votre esprit peut-il en conséquence être libre d'observer? Ce qui signifie que vous observez sans illusion d'aucune sorte. Le nationalisme est une illusion. N'est-ce pas? Evidemment. Cela, c'est très facile. Les illusions que la pensée à créées, n'est-ce pas? Est-on conscient des illusions? Allons Messieurs! Et quand l'esprit est libéré des illusions et se trouve ainsi absolument dépourvu de toute hypocrisie, qu'il est clair, honnête vous pouvez alors commencer à étudier: ...étudier quelque chose en se demandant s'il y a une existence hors du temps vous comprenez? Une vérité intemporelle. C'est là qu'intervient la méditation. N'est-ce pas? Suivez-vous tout ceci?

Certains d'entre vous ont-ils pratiqué la méditation? Probablement pas, ou peut-être ont-ils pratiqué la méditation transcendentale, la méditation Tibétaine la méditation Hindoue, la méditation Bouddhiste, la méditation Zen. Probablement avez-vous joué avec tout cela, sérieusement ou légèrement. Tout cela, si l'on comprend bien et l'orateur en a discuté avec les érudits de tout poil le concept de tout cela est que la pensée doit être maîtrisée, qu'il faut de la discipline qu'il faut assujettir ses propres sentiments à autre chose qu'à « ce qui est » par la lucidité, par la maîtrise par une vivacité constante – vous savez tout ceci, n'est-ce pas? Et en répétant certains mantras, slogans: ...vous pouvez répéter « amen » ou « Coca-cola » ou ce que vous voudrez (rire) – non, ne riez pas, c'est tout pareil. Alors nous disons ceci: il a été admis que la méditation est tout cela.

Maintenant, si vous voulez découvrir ce qu'est la méditation et ne pas simplement admettre ce que l'on en dit si l'on veut le découvrir, il faut se rendre à certaines évidences. Il faut qu'il n'y ait aucune autorité, sinon vous en devenez dépendant. N'est-ce pas? Evidemment. Par conséquent, vous luttez, vous imitez, vous vous conformez. Et il faut comprendre la nature de la maîtrise. Qui maîtrise? Vous comprenez? Comprenez-vous ceci? Je me demande si vous comprenez tout ceci. Non? Tout ceci vous intéresse-t-il? Parce qu'il s'agit de votre vie, pas de la mienne. C'est de votre vie quotidienne que nous parlons – ce qu'elle implique si l'on peut être libre de tout ce chaos, cette confusion, ce malheur. Et cette recherche, c'est vous qui la faîtes, ce n'est pas moi qui cherche et vous acceptez: nous cherchons ensemble nous effectuons le voyage ensemble.

Donc, tout d'abord, comme nous l'avons dit, pas d'autorité ce qui signifie cesser d'être de seconde main. Vous comprenez? Nous sommes tous des gens de seconde main, car telle est la tradition. Nous ne disons jamais: « voyez, j'ai écarté tout cela; regardons. »

La question suivante concerne la maîtrise: ...depuis l'enfance on nous apprend à maîtriser, à réprimer, ou l'autre extrême – et c'est ce qui se passe aujourd'hui – agissez selon votre bon vouloir! C'est tout le contraire. Il faut donc comprendre tout le mouvement de la maîtrise. Y a-t-il une façon de vivre – écoutez, je vous prie... – y a-t-il une façon de vivre sans maîtrise d'aucune sorte? Ce qui ne veut pas dire faire tout ce qui vous plaît soit la permissivité, soit la complaisance. Y a-t-il une façon de vivre – approfondissez cela, je vous prie peut-être est-ce nouveau pour vous... – qui ne comporte pas l'ombre d'une maîtrise? Pour le découvrir, il faut poser la question suivante: qui maîtrise? N'est-ce pas? Nous étudions ce qu'est la méditation car si l'on peut comprendre la nature de la méditation pas la signification du mot, laquelle est très simple: ...penser, réfléchir, étudier etc., etc mais à part le mot, il s'agit de découvrir ce qu'est la méditation cette étude étant susceptible d'engendrer un mode de vie extraordinairement sain, extraordinairement rationnel et d'amener à la découverte de quelque chose d'indiscible, d'intemporel. C'est cela que nous visons.

Qui est donc celui qui dit: « je dois maîtriser mes sentiments » ou « je dois permettre à mes sentiments de s'épandre », etc qui est cette entité qui dit: « je dois maîtriser »? Vous comprenez? La maîtrise, et ce qui est maîtrisé. Celui qui maîtrise et la chose à maîtriser. Il y a donc une division. Qui est celui qui maîtrise? N'est-il pas, là encore, le mouvement de la pensée? Suivez ceci, je vous prie – la pensée a dit « j'ai expérimenté ceci, j'ai appris ceci » etc., ce qui est le passé, donc le passé est celui qui maîtrise. N'est-ce pas? Et ce qui a lieu maintenant doit être maîtrisé par celui qui maîtrise. N'est-ce pas? Vous comprenez? Suivez-vous tout ceci? Ou êtes-vous en train de vous endormir? (Rires)

Questioneur: Intervenant: Je suis.

Krishnamurti: Il s'agit de le faire effectivemen, M. Je ne parle pas pour mon profit personnel. N'est-ce pas? Cela fait 52 ans que je parle. Cela me suffit. Cela ne m'intéresse pas de parler. Mais ce qui m'intéresse, c'est que vous découvriez la même chose de sorte que votre propre vie soit totalement différente, transformée afin que vous n'ayez pas de problèmes pas de complexités, pas de luttes, d'aspirations, et tout le reste. Voilà la raison pour laquelle l'orateur parle non pour sa propre satisfaction ni pour son propre plaisir, ni pour son propre accomplissement et toutes ces inepties.

Celui qui maîtrise est donc le produit de la pensée pensée reposant sur le savoir qu'est le passé. Et cette pensée dit: « je dois maîtriser ce qui a lieu maintenant » – n'est-ce pas? Le réel. Le réel étant, par exemple l'envie ou la jalousie, que vous connaissez tous. Et la pensée dit « je dois maîtriser ». « Je dois analyser. Je dois le réprimer ou l'accomplir ». Il y a donc une division – n'est-ce pas? – la division créée par la pensée. Suivez-vous? Il y a donc duperie, là. N'est-ce pas? La duperie réside dans l'idée que celui qui maîtrise est distinct de ce qui doit être maîtrisé. Tous deux sont créés par la pensée. N'est-ce pas? Celui qui maîtrise est donc la chose maîtrisée. Je me demande si vous le voyez? N'est-ce pas? Ainsi, si vous comprenez vraiment ceci si vous l'abordez très sérieusement par vous-même, vous verrez qu'il est inutile de maîtriser, que seule l'observation est nécessaire. Vous comprenez? Quand vous observez, il n'y a ni maîtrise ni objet maîtrisé, mais seulement l'acte d'observer. Observer votre envie, prenez par exemple l'envie observez-la sans la nommer, sans la nier ni l'accepter voyez-la seulement, la sensation, cette réaction qui surgit que l'on a nommée envie et regardez-la sans le mot. Vous suivez tout ceci?

Alors, quand il n'y a pas de mot le mot représentant le passé – vous suivez? ....et quand vous vous servez du mot « envie », cela renforce le passé. N'est-ce pas? Il y a donc une possibilité de vivre sans aucun sentiment de maîtrise. J'en parle, non comme d'une théorie, mais d'une réalité. L'orateur parle de ce qu'il a fait non d'une invention, à savoir qu'il existe un mode de vie dépourvu de toute maîtrise et donc de tout sentiment de conflit, de division. Ceci ne peut naître que lorsqu'il y a pure observation. Saisi? Faites-le et vous verrez. Faites-le! Faites en l'essai.

Quand il n'y a pas le moindre conflit, que se passe-t-il dans l'esprit? Vous comprenez? Le conflit implique le mouvement. N'est-ce pas? Le mouvement est le temps. N'est-ce pas? Le temps étant d'ici à là, tant physiquement que psychologiquement. C'est-à-dire, le mouvement du centre vers un autre centre ou le mouvement de la périphérie vers une autre – vous suivez? Ce mouvement est continu en chacun de nous. Alors, si vous observez très attentivement ce mouvement que se passe-t-il dans l'esprit pendant l'observation? Vous suivez tout ceci?

D'abord, vous l'avez compris: pas d'autorité, la nature de la pensée la pensée étant limitée, et le savoir stocké dans le cerveau en tant que mémoire, et cette mémoire agit en tant que pensée en action. Le savoir fait donc toujours partie de l'ignorance. N'est-ce pas? Nous l'avons vu. Que se passe-t-il alors dans l'esprit? Vous comprenez? Comme nous l'avons vu, l'esprit n'est pas seulement la capacité de penser clairement, objectivement, de façon impersonnelle et tout ce que la pensée a créé, techniquement, etc., dans le monde et la pensée a aussi créé tous les problèmes intérieurs. N'est-ce pas? Lorsqu'on observe tout ceci, l'esprit a la faculté d'agir non par la pensée, mais par la pure observation. Le saisissez-vous? Je me demande si vous comprenez tout ceci? Je vous en prie Messieurs, tout ceci est logique, il n'y a là rien de sectaire, de philosophie orientale – rien de cela. Bien que l'orateur soit né dans ce pays appelé l'Inde il n'est pas Indien. Il a un passeport, c'est tout. Il n'est pas impliqué dans quelque ineptie exotique romantique, ou dans une étrange philosophie. Nous examinons seulement ce qui est en train de se passer. Et pour observer ce qui se passe effectivement, il faut regarder sans que le passé ne vienne le modeler. Et de cette observation pure naît l'action. Voilà ce qu'est l'intelligence. Et c'est aussi cette chose extraordinaire appelée amour et compassion.

L'esprit a donc cette qualité d'intelligence, et naturellement cette intelligence s'accompagne de compassion, d'amour. L'amour n'est pas que sexualité, pour l'amour du ciel, balayez tout cela. L'amour est autre chose qu'une simple sensation, il n'a aucun rapport avec nos besoins et satisfactions, et tout ce qui s'ensuit. Désormais, l'esprit a donc cette qualité, cette stabilité. Il est comme un roc au milieu d'un torrent au milieu d'une rivière, immuable. Tout... Vous suivez? Un tel esprit a compris la relation réciproque nous avons vu cela – la relation ne repose pas sur une image vous comprenez? – vous avez une image de moi et j'ai une image d'elle, et telle est notre relation, d'image à image. Vous savez tout cela, n'est-ce pas? Et par conséquent, il n'y a pas de véritable relation. Il peut y avoir une relation de contact, des sens mais ce n'est pas là une relation humaine, profonde et véritable. Et sans cette relation profonde, il y a conflit et partant de ce conflit, nous créons cette société totalement immorale, violente et meurtrière.

Ainsi, l'esprit a maintenant cette qualité de grande stabilité. Et ce qui est stable est silencieux. N'est-ce pas? Suivez-vous tout ceci? L'avez-vous approfondi? Comprenez-vous? Il s'agit d'être absolument clair, d'avoir cette clarté qui permet alors d'examiner tout problème. Cette clarté est stabilité. Vous comprenez? Seul l'esprit confus, contradictoire morcelé, est instable, névrosé, quêtant, se débattant, luttant. Nous arrivons donc à un stade où l'esprit est totalement clair et par conséquent, complètement immuable. Vous comprenez? Immuable, non dans le sens d'une montagne, mais dans le sens d'une complète absence de problème. Vous suivez? Par conséquent, il est extraordinairement stable, et donc flexible. N'est-ce pas?

A présent, un tel esprit est tranquille. Et il est nécessaire d'avoir un esprit absolument silencieux absolument, pas relativement. Il y a le silence que vous trouvez le soir dans les bois, il y règne un grand silence les oiseaux se sont couchés, le vent, le murmure des feuilles a cessé. Il y a une grande tranquillité, il y a le silence extérieur. Et les gens observent cette tranquillité et disent: ...'il me faut cette tranquillité » .et ils deviennent donc dépendants de la tranquillité que donne la solitude – vous comprenez? – être dans la solitude. La tranquillité n'est pas cela. Et il y a la tranquillité créée par la pensée. C'est la pensée disant: « je dois être immobile, je dois être tranquille je ne dois pas bavarder », et peu à peu cela produit une tranquillité. Mais ce n'en est pas car c'est le produit de la pensée qui agit sur le bruit. N'est-ce pas? Nous parlons donc d'une tranquillité qui ne dépend de rien. Et ce n'est que cette qualité de tranquillité, ce silence absolu de l'esprit qui peut voir ce qui est éternel, intemporel, sans nom. C'est cela, la méditation. N'est-ce pas? Bien Messieurs. Fini.

Septième Causerie Publique à Saanen

Dimanche 22 Juillet 1979

© 2016 Copyright by Krishnamurti Foundations

Sauf mention contraire, le contenu de ce site est mis à disposition selon les termes de la Licence CC BY-SA 4.0
Web Statistics