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Entrer dans la méditation

Quatrième Causerie à Brockwood Park

Dimanche 3 Septembre 1978

Krishnamurti: Il y a beaucoup de monde et j'espère que certains d'entre vous comprendront ce qui est dit. Vous savez, nous avons parlé ensemble pendant la semaine écoulée de nos problèmes humains comme deux amis conversant non seulement de cela mais encore de ce que chacun de nous a découvert par lui-même au cours de notre conversation de notre exploration et recherche. Cela doit devenir évident pour la plupart d'entre nous pour autant que nous sommes sérieux et ne traitons pas ces réunions comme une sorte de festival – un peu plus sérieux qu'un festival pop, ou que d'autres sortes de festivals.

Il serait bon que nous parlions ensemble ce matin comme nous avons parlé de la peur, du plaisir de la souffrance, de la douleur, et de la mort je pense que nous devrions parler ensemble ce matin du problème très complexe et subtil de la méditation. C'est un sujet très sérieux et certains d'entre-vous voudront peut-être se donner la peine de prêter attention à ce qui est dit, s'il vous plaît.

Ce mot est en train de se vulgariser à un point que même les gouvernements commencent à s'en servir même les gens avides d'argent essaient de méditer pour en obtenir davantage. Ils essaient de méditer pour se calmer afin de faire de meilleures affaires. Et les médecins s'adonnent à la méditation car cela les aide à opérer efficacement et ainsi de suite. Et il existe divers types de méditation la Zen, la Tibétaine, et celles que vous inventez pour vous-mêmes. Et avec tout ceci à l'esprit, la méditation de type indien la Tibétaine, la Zen, la méditation de groupe de rencontres et l'aspiration à avoir l'esprit immobile, tranquille et silencieux tenant compte de tout ceci tâchons de découvrir ce matin, si nous le pouvons pourquoi faudrait-il méditer et quel est le sens de la méditation.

Ce mot, récemment venu de l'Inde, s'est vulgarisé. Et les gens se rendent en Inde, au Japon et ailleurs afin d'apprendre la méditation afin de s'exercer à la méditation en vue de parvenir à certains résultats par la méditation tels l'illumination, une meilleure compréhension d'eux-mêmes avoir la paix de l'esprit, pour ainsi dire et en général, ils obtiennent un peu de paix mais pas un esprit paisible. Et les gourous ont inventé leur propre système de méditation etc., etc. N'est-ce pas? Je suis sûr que vous avez conscience de tout ceci.

Et, bien entendu, il y a l'engouement éphémère qu'on appelle la méditation transcendentale. En réalité, c'est une forme de sieste le matin de sieste après déjeuner, et de sieste après dîner, ou avant dîner. de sorte que votre esprit soit tranquillisé afin de vous permettre de faire davantage de mal après-coup. (Rires)

Alors, prenez tout ceci en compte les divers systèmes et pratiques et mettez ceux-ci en question. Il est bon de douter il est bon d'être sceptique, jusqu'à un certain point. C'est comme un chien en laisse il faut de temps en temps laisser le chien courir librement: le doute, le scepticisme doivent donc toujours être tenus en laisse mais il faut souvent leur permettre de courir librement. Et la plupart d'entre nous accepte l'autorité de ceux qui disent: « nous savons méditer, nous vous dirons tout là-dessus. »

Alors, je vous en pire, nous examinons ensemble tout le problème ou la toute la question de ce qu'est la méditation non pas comment méditer car si vous demandez « comment dois-je méditer » vous trouverez alors un système pour méditer le « comment » impliquant une méthode. Alors que si l'on se penche sur cette question de ce qu'est la méditation et de la raison pour laquelle il faut méditer on ne demandera alors jamais comment méditer. La question elle-même le fait même de la poser, constitue le début de l'étude c'est le commencement de la méditation.

Comme nous l'avons dit, c'est un problème très complexe et il faut aborder très lentement, avec hésitation mais subtilité, cette question. Comme nous l'avons dit la semaine dernière nous sommes en train d'étudier d'approfondir ce sujet de sorte que vous n'écoutez pas l'orateur vous vous posez vous-même la question afin de trouver la réponse juste sans accepter une quelconque autorité surtout pas celle de l'orateur qui est assis sur cette regrettable estrade. Le fait de parler sur une estrade ne lui confère aucune autorité. Il n'y a aucune autorité en ce qui concerne les sujets spirituels s'il m'est permis d'user du mot « spirituel » relativement à l'esprit relativement à l'étude d'un sujet qui demande à être examiné très, très, très prudemment. Nous faisons donc ceci ensemble nous ne méditons pas ensemble mais cherchons ce qu'est la méditation et ce faisant, découvrons par nous-mêmes dans notre cheminement, le mouvement tout entier de la méditation. Cela vous va-t-il?

Avant tout, je pense qu'il faut veiller à ce que la méditation ne soit pas un acte volontaire. La méditation est tout un mouvement de recherche au sein du problème global de la vie. C'est ce qui prime: comment nous vivons, comment nous nous comportons si nous éprouvons des peurs des anxiétés, des souffrances ou si nous recherchons sans cesse le plaisir cherchons à voir si nous nous sommes construit des images de nous- mêmes et des autres. Cela fait partie de notre vie et c'est par la compréhension de cette vie et des divers problèmes qu'elle comporte et s'étant affranchi de ceux-ci s'en étant vraiment libéré c'est par là seulement que nous pourrons alors étudier ce qu'est la méditation. Voilà pourquoi nous avons dit ces derniers huit ou dix jours qu'il faut mettre de l'ordre dans notre maison notre maison étant nous-mêmes – un ordre total. Alors une fois cet ordre établi, non selon un modèle mais quand il y a compréhension – une compréhension totale de ce qu'est le désordre de ce qu'est la confusion de la raison de nos contradictions internes de cette lutte permanente entre les opposés et ainsi de suite, ce dont nous avons parlé pendant les dix jours ou la semaine écoulés ayant mis cela en ordre, l'ordre dans notre vie – le fait même de mettre les choses à la place qui leur revient est le commencement de la méditation. N'est-ce pas? Si nous n'avons pas fait cela effectivement, pas théoriquement mais dans la vie quotidienne à chaque instant de notre vie faute de tout cela la méditation ne devient alors qu'une autre sorte d'illusion une autre forme de prière une autre sorte de demande quelconque d'argent, de situation, de frigidaire, etc.

Dès lors, nous demandons qu'est-ce que le mouvement de la méditation? Il nous tout d'abord saisir l'importance des sens. La plupart d'entre nous réagit ou agit en fonction des impulsions des besoins et de la pression de nos sens. Et ces sens n'agissent jamais comme un tout, mais seulement en partie. N'est-ce pas? Je vous en prie, comprenez-le. Si vous voulez bien vous y pencher un peu plus par vous-même, en en discutant ensemble à savoir que tous nos sens ne fonctionnent jamais comme un tout, intégralement. Si vous vous observez et scrutez vos sens vous constaterez que l'un ou l'autre des ces sens prédomine. L'un ou l'autre de ces sens joue un plus grand rôle dans l'observation dans notre vie quotidienne donnant toujours lieu à un déséquilibre. N'est-ce pas? Pouvons-nous poursuivre à partir de là?

Alors, est-il possible – ce que nous faisons là fait partie de la méditation – est-il possible pour les sens d'opérer comme un tout de regarder le mouvement de la mer les eaux scintillantes les flots éternellement agités d'observer complètement ces eaux, avec tous vos sens? Ou un arbre, une personne ou un oiseau en plein vol, une étendue d'eau le soleil couchant, ou la lune qui se lève d'observer cela avec tous vos sens pleinement éveillés. Si vous le faites, vous découvrez alors de vous-même: – ce n'est pas moi qui vous le dis, je ne suis pas votre autorité je ne suis pas votre gourou, et vous n'êtes pas mes disciples. – les disciples sont les gens les plus destructeurs qui soient ainsi que les gourous – si vous observez ceci si vous observez ce fonctionnement de la totalité des sens en action vous découvrirez l'absence de tout centre à partir duquel agissent ses sens. Est-vous en train d'en faire l'essai ici pendant que nous en parlons regarder votre petite amie, votre mari ou votre femme ou l'arbre, ou la maison avec tous vos sens en hyper-activité, sensibilité? Il n'y a alors là aucune limitation. Faites-en l'essai. Faites-le et vous le découvrirez de vous-même. C'est la première chose qu'il faut comprendre: la place qu'occupent les sens. Car la plupart d'entre nous fonctionne à partir de certains sens. Nous ne bougeons ni ne vivons jamais avec tous nos sens pleinement éveillés, épanouis. Etant donné que la plupart d'entre nous vit fonctionne et pense partiellement un de nos objectifs à ce sujet est donc que nos sens fonctionnent pleinement et que nous réalisions l'importance des illusions que créent les sens vous suivez tout ceci? Et mettre les sens à leur juste place ce qui signifie ne pas les réprimer, ne pas les contrôler ne pas les fuir mais donner aux sens leur juste place. Vous comprenez? C'est important, car dans la méditation si vous voulez vous y adonner très profondément si l'on n'est pas conscient des sens ceux-ci provoquent diverses sortes de névroses diverses formes d'illusions ils dominent nos émotions, etc., etc., etc. La première chose dont il faut prendre conscience est donc celle-ci: si et quand les sens sont pleinement éveillés, s'épanouissant le corps devient alors extraordinairement tranquille. Ne l'avez-vous pas remarqué? Ou suis-je en train de parler tout seul? Car la plupart d'entre nous force leur corps à rester tranquille à ne pas s'agiter, à ne pas remuer, etc. – vous savez. Tandis que si tous les sens fonctionnent sainement, normalement, avec vitalité le corps se détent alors et devient très, très tranquille, si vous bien faites cela. Faites-le pendant que nous causons.

Se pose alors la question suivante: qu'est-ce que le temps? Quelle est la place du temps dans la méditation? Et quelle est la place du contrôle dans la méditation? Vous comprenez? Puis-je poursuivre? J'espère que nous nous rejoignons, n'est-ce pas? Voyons d'abord s'il est possible de vivre une vie – quotidiennement, pas occasionellement – une vie sans aucune forme de contrôle ce qui n'a rien à voir avec la permissivité ou faire tout ce que l'on aime rejetant la tradition, et – vous savez, tout ce que font les jeunes de l'époque moderne: aucun regret, aucune contrainte aucun contrôle, faites ce que vous voulez – ce que font d'ailleurs les plus âgés mais on pense que c'est leur prérogative une invention à eux.

La question que nous posons à présent est celle-ci veuillez l'examiner avec sérieux: est-il possible de vivre une vie sans aucune forme de contrôle car le contrôle implique l'action de la volonté. N'est-ce pas? Suivez-vous? Qu'est-ce alors que la volonté? Je vais faire ceci, je ne dois pas faire cela ou je devrais à l'avenir, il faut faire cela, et ainsi de suite. Le fonctionnement de la volonté. Il nous faut donc voir ce qu'est la volonté. La volonté n'est-elle pas le désir? La volonté n'est-elle pas l'essence du désir? N'est-ce pas? Examinez cela, je vous prie. Il ne faut ni le rejeter, ni l'accepter, mais l'examiner. Car nous demandons à présent s'il est possible de vivre une vie qui ne comporte pas l'ombre d'un contrôle c'est-à-dire, pas l'ombre d'une intervention de la volonté. Et la volonté est le mouvement même du désir. Nous avons approfondi toute la question de ce qu'est le désir. Je n'y reviendrai pas maintenant, car j'ai beaucoup à couvrir ce matin. Le désir est contact, perception vision, contact sensation d'où émanent le désir et la pensée avec ses images – tout cela est le désir que nous avons vu et je n'y reviendrai pas.

Et nous demandons ceci: est-il possible de vivre sans l'intervention de la volonté? La plupart d'entre nous vit une vie de contrainte, de contrôle de refoulement, et ainsi de suite, de fuite. Et il faut se demander: qui est celui qui contrôle? Lorsque vous dites « je dois me contrôler, ma colère ma jalousie, ma paresse, mon indolence, et ainsi de suite » qui est le contrôleur? Est-il distinct de ce qu'il contrôle? Vous comprenez? Ou bien sont-ils identiques? Le contrôleur est ce qu'il contrôle. Ceci est probablement trop difficile. Cela va? Comprenons-nous? Après tout, vous m'avez écouté pendant une semaine ou dix jours dès lors, le langage, les mots dont nous nous servons doivent vous être familiers et compréhensibles. Donc, tant qu'il y a un contrôleur celui-ci doit faire usage de son aptitude à contrôler. Et nous disons que le contrôleur est l'essence du désir. Et il s'efforce de contrôler ses activités, ses pensées ses souhaits, et ainsi de suite, etc. Ainsi, ayant pris tout cela en compte pouvons-nous vivre une vie qui ne soit pas confuse qui ne consiste pas à faire ce que vous aimez mais une vie dépourvue de toute forme de contrôle, sexuel ou autre et sans complaisance sans volonté de contrôler ce que vous devriez, ne devriez pas [faire] – vous savez, tout le problème du contrôle. Bien peu de gens ont abordé cette question. Et le mode de méditation oriental consiste en partie à contrôler. Et personnellement, je conteste totalement leur système de contrôle quel qu'il soit car l'esprit n'est alors jamais libre s'assujettissant toujours à un modèle que ce modèle soit établi par un autre ou par soi-même.

Donc les sens, le contrôle. Nous devons alors demander: qu'est-ce que le temps? Pas le temps de la science-fiction la fiction scientifique du temps. Qu'est-ce que le temps dans notre vie quotidienne? Quel rôle joue-t-il dans notre vie? Quelle importance prend-il dans nos activités quotidiennes? Vous comprenez ma question? Evidemment, le temps qu'indique la montre existe bien. Il y a bien le temps solaire déterminé par le lever et le coucher du soleil. Le temps en tant qu'hier, aujourd'hui et demain. Il y a le temps défini par un événement survenu dans le passé dont on se souvient, et qui modèle le présent et l'avenir. N'est-ce pas? Il y a donc le temps physique, chronologique et nous avons également le temps psychologique: je serai, je dois, je suis violent et vais être non violent. Tout cela implique un mouvement de temps. N'est-ce pas? Mouvement signifie temps. Veuillez bien comprendre ceci, je vous prie car nous allons nous pencher sur la méditation – c'est-à-dire si l'esprit peut être absolument tranquille – dans laquelle le temps, en tant que mouvement, n'existe pas du tout. Vous suivez tout ceci? Cela vous intéresse-t-il? Ne fût-ce qu'à titre de curiosité intellectuelle? Car il est très important de saisir si le temps – non pas le temps chronologique mais le temps psychologique – si ce temps peut prendre fin. Ou ce mouvement devrait-il se poursuivre jusqu'à ma mort: « je serai, je ne dois pas être, je devrais être, je ne serai pas » regret, souvenir – vous suivez? toute cette activité psychologique qui implique le temps. C'est-à-dire, le temps peut-il prendre fin? Voyez pourquoi c'est important, s'il vous plaît. Car nos cerveaux sont conditionnés par le temps nos cerveaux sont le produit de millions d'années et davantage – peu importe combien – de temps immémoriaux siècle après siècle, le cerveau est conditionné il a évolué, s'est développé, s'est épanoui. C'est un cerveau très, très ancien et comme il a évolué dans le temps – l'évolution implique le temps – comme il a évolué il fonctionne dans le temps. Vous comprenez? Je me demande si vous comprenez tout ceci! Dès l'instant où vous dites « je vais », c'est dans le temps. Quand vous dites « je dois faire cela », c'est aussi dans le temps. Tout ce que nous faisons implique le temps et nos cerveaux sont conditionnés non seulement au temps chronologique – le lever, le coucher du soleil – mais aussi au temps psychologique. Le cerveau a donc évolué au cours des millénaires et l'idée même la question même de savoir s'il peut mettre fin au temps – vous suivez? – est un processus paralysant. Je me demande si vous le comprenez. C'est pour lui un choc. Quelqu'un comprend-il ceci?

Car nous allons nous demander à présent si le cerveau lui-même peut être absolument tranquille. Vous comprenez? Pas votre corps, pas votre respiration pas vos yeux et votre pensée – le cerveau lui-même qui est constamment en train de bavarder constamment en train de penser à ceci ou cela. Les cellules mêmes du cerveau peuvent-elles être absolument tranquilles? Nous devons donc comprendre la nature du temps. C'est-à-dire, nous sommes psychologiquement, intérieurement pris dans un maillage de temps. Je vais mourir, j'ai peur je serai, j'ai été et je me souviens des événements heureux ou malheureux et le cerveau fonctionne, vit dans le temps. N'est-ce pas? Vous pouvez le voir de vous-même. C'est là une évidence.

La méditation consiste donc en partie à découvrir par soi-même si le temps peut cesser. Vous ne pouvez le faire en déclarant: « le temps doit cesser ». Cela ne veut rien dire. Mais il s'agit de comprendre toute la structure la nature et la profondeur de cette question. N'est-ce pas? Ce qui signifie: est-il possible pour le cerveau de réaliser qu'il n'a aucun avenir? Comprenez-vous ce que je dis? Nous vivons soit dans le désespoir, soit dans l'espoir. N'est-ce pas? Pas vous? L'espoir fait partie du temps. Je suis malheureux, mécontent, incertain, j'espère être heureux comprenez-vous? Cette structure destructrice de l'espoir est en partie le temps ou l'invention des prêtres partout dans le monde – la foi. Vous souffrez, mais ayez foi en Dieu et tout est pour le mieux. Suivez-vous tout ceci? Là encore, la foi en quelque chose implique le temps. Pouvez-vous supporter, c'est-à-dire pouvez-vous tolérer qu'il n'y ait pas de demain, psychologiquement? Le pouvez-vous? La méditation consiste en partie à découvrir que psychologiquement, il n'y a pas de demain.

Nous parlions une fois avec quelqu'un de très intelligent et cultivé, de cette question. Et ce fût pour lui un véritable choc que de nous entendre dire ceci: l'espoir, la foi, le mouvement de l'avenir en tant que demain est inexistant. Il était horrifié par cette idée – vous comprenez, Monsieur? « Je ne vous verrai pas demain, vous que j'aime » comprenez-vous ce que je dis? Peut-être vous rencontrerai-je, c'est probable mais l'espoir, le plaisir l'attente de quelque chose tout cela est compris dans le temps. Ce qui ne veut pas dire que vous n'avez pas d'espoir que vous renoncez à l'espoir mais que vous comprenez le mouvement du temps. Si vous renoncez à l'espoir, vous devenez alors amère vous dites alors « à quoi bon vivre, quel est le but de la vie? » et commencent alors toutes ces inepties: dépression angoisse de vivre sans le moindre avenir comprenez-vous tout ceci?

Il faut donc pénétrer cette question, pas verbalement pas théoriquement, mais dans les faits afin de découvrir si l'on éprouve psychologiquement en soi, le moindre sentiment de demain.

La question suivante à propos de la méditation est celle-ci: la pensée en tant que temps peut-elle cesser? Ainsi que nous en avons déjà abondamment parlé la pensée est importante quand elle est à sa juste place. Mais psychologiquement, elle n'a pas la moindre importance. Je me demande si vous le voyez? Je dois y revenir brièvement.

La pensée est la réaction de la mémoire, elle est née de la mémoire. La mémoire est de l'expérience expérience emmagasinée dans les cellules cérébrales en tant que savoir. Vous pouvez observer votre propre cerveau point n'est besoin d'être un spécialiste je n'en suis pas un, je n'ai fait que m'observer très attentivement. Les cellules cérébrales détiennent cette mémoire. C'est un processus matériel. Il n'y a là rien de sacré, de saint. Et tout ce que nous avons accompli comme aller sur la lune, y planter un drapeau ridicule descendre au fond de la mer et y vivre la pensée a créé tout cela la technologie gigantesque et compliquée, avec ses machines. La pensée a été responsable de tout ceci. Et la pensée a également été responsable de toutes les guerres – n'est-ce pas? C'est une évidence, inutile d'en douter car votre pensée a divisé [le monde] en Grande Bretagne, France Allemagne, Russie vous suivez? Et la pensée a créé la structure psychologique du « moi ». N'est-ce pas? Ce « moi » n'est pas sacré, n'est pas une chose divine. Ce n'est que la pensée assemblant les anxiétés les peurs, les plaisirs, la souffrance, la douleur les attachements, la peur de la mort elle a assemblé tout cela, qui constitue le « moi ». C'est ce « moi », avec sa conscience. N'est-ce pas? Je me demande. Pouvons-nous avancer à partir de là? Vous suivez? Tel est le « moi », cette conscience. Cette conscience est ce qu'elle contient. Votre conscience est ce que vous êtes: vos anxiétés, vos peurs, vos luttes vos blessures, vos désespoirs psychologiques plaisirs, et ainsi de suite. Le contenu de votre conscience est son contenu. N'est-ce pas? Là encore, il n'y a pas matière à discussion à complication, c'est simple. Et cela résulte du temps. N'est-ce pas? J'ai été blessé hier, psychologiquement vous m'avez dit quelque chose de brutal, cela m'a blessé et cela fait partie de ma conscience. J'ai eu du plaisir, cela en fait partie, et ainsi de suite. La conscience est donc impliquée dans le temps. Quand nous disons « le temps peut-il prendre fin » cela sous-entend vider totalement cette conscience de son contenu. C'est sous-entendu. Que vous le puissiez ou pas, est une autre affaire. Mais c'est ce qui est sous-entendu.

Vous étudiez le temps [pour voir] si la connaissance des innombrables couches de cette conscience sensations, désirs et tout cela couche après couche, toute sa structure si cette conscience, qui résulte du temps – j'ai été blessé hier, etc., etc si cette conscience peut se vider complètement d'où cessation du temps psychologique. Je pose au préalable cette question afin que vous l'examiniez. Nous pouvons ensuite demander: est-ce possible? Comprenez-vous ma question? Vous percevez votre conscience – n'est-ce pas? vous savez ce que vous êtes, pour peu que vous l'ayez suffisamment approfondi. Vous l'avez sans doute fait dans une certaine mesure depuis une semaine. Si vous l'avez approfondi vous verrez que toute cette peine, toute cette lutte ce malheur, cette incertitude, font partie de vous partie de cette conscience, vos ambitions, votre avidité votre agressivité, votre colère, votre amertume tout cela fait partie de cette conscience qui est l'accumulation de milliers d'hier à aujourd'hui. Et nous demandons si cette conscience qui résulte du temps tant psychologique que physiologique peut se vider afin que le temps prenne fin? D'abord, avez-vous compris cette question? Que quelqu'un me dise « oui » ou « non » s'il-vous plaît (rires) – au moins!

Questioneur: Oui.

Krishnamurti: Ne vous endormez pas.

Nous allons découvrir si c'est possible. Si vous dites que ce n'est pas possible, vous avez alors fermé la porte vous pouvez alors tout aussi bien sortir au lieu de rester assis là et perdre votre temps si vous dites que ce n'est pas possible. Et si vous dites que c'est possible, vous avez aussi fermé la porte. Mais, si vous dites « découvrons-le » vous êtes alors ouvert à la chose, et en quête de découverte. N'est-ce pas? Ceci n'est pas un jeu intellectuel. Ce n'est pas le divertissement d'un dimanche matin. Ce n'est pas non plus un sermon. Je dois vous raconter une jolie histoire à ce sujet. Il était une fois un prédicateur, avec ses disciples qui chaque matin faisait un sermon de dix ou quinze minutes. Et l'auditoire captivé l'écoutait. (Rires) Un jour, il monte sur l'estrade et alors qu'il est sur le point de commencer un oiseau survient, se perche au bord de la fenêtre et se met à chanter. Et le prédicateur ne souffle mot. Après avoir chanté, l'oiseau s'envole. Le prédicateur dit alors « le sermon de ce matin est terminé ». (Rires) D'accord? Si je pouvais en dire autant! (Rires)

Désormais, la question est donc la suivante si vous êtes assez sérieux pour l'aborder: est-il possible de vider totalement tout notre contenu le contenu de notre conscience cette conscience qui a été édifiée au cours du temps? N'est-il pas possible – écoutez bien ceci, je vous prie n'est-il pas possible de vider un des contenus de votre conscience votre blessure psychologique? Vous savez sûrement ce que cela signifie. La plupart d'entre nous a subi des blessures psychologiques. Dès l'enfance: parents, école – vous savez, toute notre existence nous sommes blessés. Cela fait partie de votre conscience. Pouvez-vous mettre fin à cette blessure, complètement l'effacer totalement, sans laisser de marque? Vous le pouvez, n'est-ce pas? Si vous prêtez attention à la blessure sachant ce qui l'a causée que c'est l'image que vous avez de vous-même qui a été blessée cela met fin à cette image blessée. C'est possible si vous avez considérablement approfondi la question. Ou si vous êtes attaché à quelqu'un que ce soit à votre femme ou à votre mari peu importe à quoi – attaché à une croyance à un pays, à une secte, à un groupe de personnes, etc à Jésus, et ainsi de suite, ne pouvez-vous complètement logiquement, sainement, rationnellement y mettre fin? Car, voyez-vous, l'attachement implique la jalousie, l'anxiété, la peur, la douleur et du fait de cette douleur vous vous attachez toujours plus. Le fait de voir la nature de l'attachement la perception de l'attachement est l'épanouissement de l'intelligence. Cette intelligence dit qu'il est stupide d'être attaché – c'en est fini. Vous comprenez ceci?

Alors, approfondissez-le. Ou vous avez une certaine habitude psychologique comme celle de toujours penser dans un certain sens. Cela fait partie de votre conscience. La pensée peut-elle sortir de l'ornière, du sillon? Bien sûr qu'elle le peut. Alors, est-il possible – écoutez bien – est-il possible de totalement, complètement vider le contenu. Cependant, si vous le faites élément par élément c'est-à-dire l'attachement, puis vos blessures votre anxiété, etc., cela prendra un temps infini. Voyez ce que cela implique si vous le faites élément par élément: cela prendra du temps. Et vous voilà à nouveau pris au piège du temps. Je me demande si vous le voyez. Par contre, est-il possible de le vider sans impliquer le temps, instantanément en tout et non en partie? Non, je vais vous le montrer, ne hochez pas la tête ne soyez ni d'accord, ni en désaccord! Comprenez-vous ma question? Quand vous agissez élément par élément vous êtes encore soumis au temps. Si vous le réalisez, en voyez réellement la vérité vous n'agirez alors pas partiellement. N'est-ce pas? Naturellement.

Vous abordez alors une question différente qui est celle-ci: cela peut-il être fait en totalité? C'est-à-dire, existe-t-il une forme d'observation de cette conscience qui ne m'appartient pas en réalité: ce n'est pas ma conscience personnelle c'est la conscience universelle. Ma conscience est semblable à la vôtre ou à celle de quelqu'un d'autre, car nous souffrons nous connaissons l'angoisse, etc., etc. Peut-être y en a-t-il quelques-uns qui ont dit « fini » ils ont fleuri et sont allés au delà. Ceci est hors de notre propos.

Nous demandons donc: est-il possible d'observer cette chose dans sa totalité entièrement et l'observation même de cette totalité [amène] sa cessation? Vous comprenez ma question? Ainsi, est-il possible d'observer votre blessure, ou votre anxiété vos culpabilités ou ce que vous voudrez, en totalité? Vous comprenez ma question? Supposons que j'ai de la culpabilité. Je me sens coupable ce n'est pas le cas, mais supposons-le. M'est-il possible de regarder cette culpabilité comment elle survint, quelle en fut la raison et combien je la crains, etc la structure entière de la culpabilité, puis-je l'observer totalement? Bien sûr que c'est possible – non? Vous ne pouvez l'observer totalement que quand vous êtes conscient de ce que signifie être blessé. Vous pouvez en être conscient, ainsi que de la culpabilité, etc de toutes ces choses que nous avons amassées vous pouvez en être conscient si cette lucidité est dépourvue de tout motif ou de direction. Compris? Avez-vous compris ceci? Je vais vous l'expliquer.

Supposons que je sois attaché à quelque chose ou à quelqu'un: ne puis-je observer les conséquences de l'attachement ce que l'attachement implique comment cet attachement est survenu ne puis-je en observer toute la nature, instantanément? Je suis attaché, car je suis dans la solitude, il me faut du réconfort je veux dépendre de quelqu'un, car je ne puis me débrouiller seul. J'ai besoin de compagnie j'ai besoin de quelqu'un qui me dise « tu es quelqu'un de bien, mon vieux ». J'ai besoin de quelqu'un qui me tienne la main. Je suis déprimé, anxieux. Je dépends donc de quelqu'un et cette dépendance engendre l'attachement et de cet attachement naît la peur, la jalousie, l'anxiété. N'est-ce pas? Ne puis-je observer la nature de tout ceci, instantanément? Bien sûr que oui, à condition d'être conscient d'être profondément motivé par la découverte.

Nous disons donc qu'au lieu de procéder élément par élément il est possible de voir toute la nature et la structure et le mouvement de la conscience avec tout son contenu. Le contenu constitue la conscience et il est possible de la voir entièrement. Et quand vous en voyez la totalité elle se désintègre.

La question suivante est celle-ci – nous la posons: comme le contenu de notre conscience fait partie de la conscience de notre vie quotidienne et que cette conscience est accumulation dans le temps ce temps peut-il s'arrêter c'est-à-dire, y a-t-il une fin à toutes nos luttes – vous savez, tout ce qui s'en suit – instantanément? Nous disons que c'est possible. Je vous l'ai démontré. Cela a été démontré par des exemples. Ce qui veut dire avoir un « insight » total [une vision fulgurante] de toute la nature de la conscience. N'est-ce pas? « Insight » signifie, implique qu'il n'y a aucun motif, aucun souvenir seulement une perception instantanée de la nature de la conscience et cet « insight » dissout de lui-même le problème. Avez-vous compris ceci, tant soit peu?

Nous pouvons alors aborder le sujet suivant, à savoir: Nous sommes occupés par la mesure. N'est-ce pas? Je suis grand, ou je suis petit. Je dois être différent de ce que je suis. La mesure – vous comprenez? c'est-à-dire la comparaison, suivre un exemple. Tout notre développement technologique repose sur la mesure. Sans mesure il ne pourrait y avoir de progrès technique. Autrement dit, le savoir est un mouvement dans la mesure. Je sais, je vais savoir. Tout cela est de la mesure. Et cette mesure s'est introduite dans le domaine psychologique. Suivez tout ceci, Monsieur. Suivez-vous? Observez-vous, voyez comment cela marche. C'est très simple.

Ainsi, nous passons notre temps à comparer psychologiquement. A présent, pouvez-vous mettre fin à la comparaison ce qui équivaut aussi à mettre fin au temps? N'est-ce pas? Mesurer signifie se mesurer à quelqu'un et vouloir être comme cela, ou pas comme cela. Le processus positif et négatif fait partie de la mesure, par la comparaison. Je me demande si vous le voyez? Etes-vous fatigué? Approfondissez-le vous-même, vous verrez.

Est-il donc possible de vivre une vie quotidienne sans comparaison d'aucune sorte? Vous pouvez bien comparer deux étoffes un velours côtelé d'une couleur à un velours côtelé d'une autre mais psychologiquement, intérieurement il s'agit d'être complètement affranchi de toute comparaison ce qui signifie être affranchi de la mesure. La mesure est le mouvement de la pensée. Alors, la pensée peut-elle prendre fin? Vous suivez tout ceci? Voyez-vous, la plupart d'entre nous s'efforce de cesser de penser ce qui est impossible. Vous pouvez bien dire « j'ai cessé de penser » pendant une seconde mais c'est forcé, imposé, c'est un peu comme dire: « j'ai compté une seconde pendant laquelle je ne pensais pas ». Nous soulevons donc une question que tous les novateurs qui ont vraiment approfondi le sujet se sont posée, à savoir: la pensée peut-elle finir? C'est-à-dire, la pensée née du connu – vous comprenez? bien sûr, le savoir est le connu, c'est-à-dire, le passé – cette pensée peut-elle finir? C'est-à-dire, peut-on se libérer du connu? Vous comprenez ma question? Car nous fonctionnons toujours à partir du connu et par conséquent, nous sommes devenus extraordinairement capables imitant, comparant ..dans cette tentative continuelle de vouloir être quelque chose. N'est-ce pas? Alors, la pensée peut-elle finir? La pensée, lorsqu'elle est consciente d'elle-même connaît ses limites et trouve par conséquent sa place. Je me demande si Faites-vous tout ceci pendant que nous en parlons?

Nous avons donc parlé de la mesure, du contrôle de l'importance des sens et de la place qui leur revient. Tout ceci fait partie de la méditation.

Et nous demandons ensuite ceci: lorsqu'on a atteint un certain stade les sens peuvent acquérir des perceptions extrasensorielles parce qu'ils deviennent extraordinairement sensibles: la télépathie, lisant les pensées des autres le contrôle, diverses formes de clairvoyance, etc., etc. Ces choses n'en restent pas moins dans le domaine des sens. N'est-ce pas? Elles n'ont donc pas l'importance colossale que l'homme leur prête. N'est-ce pas? Je me demande si vous le voyez. L'orateur est passé par tout cela. Excusez-moi de me citer personnellement: on est passé par tout ceci et l'on voit le danger qu'il y a à se laisser prendre par toute cette excitation sensorielle. C'est stupide. Donc, bien que ces choses existent indubitablement, elles sont sans importance.

Nous soulevons à présent une nouvelle question, à savoir: l'homme est toujours en quête de pouvoir. N'est-ce pas? Les politiciens, les prêtres l'homme et la femme ordinaires veulent dominer veulent contrôler, veulent posséder. Le pouvoir a acquis une importance extraordinaire. Les deux super-puissances. Ce qui signifie le pouvoir détenu par quelques-uns qui dictent ce que les autres doivent penser l'église chrétienne s'y est excellée à une certaine époque. Les hérétiques, la torture, l'inquisition, tout cela. Contrôler l'homme par la propagande, les livres, les paroles par les images, par ses peurs par la récompense et la punition. Toute forme de dissidence est réprimée, que ce soit par la torture l'expulsion, les camps de concentration, ou le bûcher. N'est-ce pas? Telle est l'histoire de la stupidité humaine sous le couvert de patriotisme, de religion. Nous demandons à présent: est-il possible de vivre sans aucun sentiment de pouvoir? Vous comprenez ce que je dis? Suivez-vous tout ceci, cela vous intéresse-t-il? Ce qui signifie, pouvez-vous vivre dans un anonymat, une humilité totale quand bien même auriez-vous un nom, pourriez-vous écrire un livre ou parler comme nous le faisons ici et jouir d'une certaine renommée ou notoriété – peu importe le terme dans la mesure où il n'y a rien derrière? Vous n'êtes donc pas en quête de pouvoir au moyen de la clairvoyance de la télépathie – tout ceci peut être utilisé par des gouvernements pour contrôler le commandant du sous-marin. Ils expérimentent tout cela soyons-en conscients, pour l'amour du ciel. Et peut-on vivre sans aucun sentiment de pouvoir? Vous savez, il y a une grande beauté dans le fait d'être totalement anonyme. Et le monde entier est en quête d'identité de pouvoir de situation.

La question suivante est celle-ci: le cerveau, – écoutez s'il vous plaît le cerveau, qui date de millions et de millions d'années est si lourdement conditionné, si plein de tout ce que l'homme a rassemblé au cours des siècles et par conséquent, agit tout le temps mécaniquement ce cerveau peut-il être libéré du connu et ce cerveau peut-il ne jamais, jamais vieillir dans le sens physique du terme? Vous comprenez ce que je dis? Ne vous posez-vous pas ces questions? Le faites-vous? Peut-être, quand vous vieillissez quand vous êtes quelque peu décrépit quand vous avez perdu l'aptitude à réfléchir que vous perdez la mémoire dites-vous alors: « mon dieu, si je pouvais revenir en arrière et être à nouveau jeune avoir un esprit alerte, jeune et décidé. » Ne vous posez-vous pas parfois cette question: Ce cerveau peut-il abandonner son fardeau et être libre, et ne jamais se détériorer? Ne dites pas « oui » ou « non », découvrez-le. Ce qui signifie – écoutez s'il vous plaît ceci vous intéresse ce qui signifie ne jamais enregistrer psychologiquement quoi que ce soit. N'est-ce pas? Comprenez-vous? Ne jamais enregistrer la flatterie, l'insulte les diverses contraintes, pression, jamais. Maintenir la bande magnétique complètement vierge. [Le cerveau] est alors jeune. L'innocence signifie un cerveau qui n'a jamais été blessé. N'est-ce pas? C'est cela l'innocence qui ne connaît ni malheur, ni conflit, ni souffrance, ni douleur tout cela étant enregistré dans le cerveau qui est alors toujours limité subissant le vieillissement physique. Tandis que si aucun enregistrement, quel qu'il soit, n'a lieu psychologiquement, le cerveau devient alors extraordinairement calme extraordinairement frais. Ceci n'est pas un espoir, ni une récompense (rires) ou vous le faites et le découvrez ou vous vous contentez d'admettre les mots et dites: « comme cela doit être merveilleux » « ah, si je pouvais expérimenter cet état » et vous êtes à côté de la plaque. Tandis que si vous le faites, vous le découvrirez.

Ainsi, du fait de cette perception dont nous avons parlée du fait de cet « insight » les cellules du cerveau subissent un changement. Il ne s'accroche plus à des souvenirs. Il n'est plus la demeure d'une vaste collection d'antiquités. N'est-ce pas? Voilà pour cela.

Il faut alors aussi poser la question suivante: existe-t-il dans la vie quelque chose de sacré? Y a-t-il quelque chose de saint, que la pensée n'a jamais touché? Comprenez-vous ma question? Tâchez de la comprendre, s'il vous plaît. Ce qui est sacré, saint a été placé dans les églises en tant que symboles la Vierge Marie, le Christ sur la croix. Allez en Inde: ils y ont leurs propres images les pays bouddhistes ont leurs propres images et c'est devenu sacré le nom, la sculpture, l'image, le symbole dans certains lieux: églises, temples, mosquées, etc. Dans les mosquées, il n'y a, bien entendu, pas d'images mais de ravissantes écritures qui ont aussi valeur d'image.

Nous posons maintenant une question: existe-t-il dans la vie quelque chose de sacré? Sacré dans le sens de ce qui est immortel, intemporel de l'éternité à l'éternité qui n'a connu ni commencement ni fin comprenez-vous? C'est ce que nous demandons. Vous ne pouvez le découvrir – non, vous ne pouvez pas le découvrir personne ne peut le découvrir cela peut survenir une fois que vous avez rejeté tout ce que la pensée a créé de sacré: les images, les musées, la musique les églises et leurs croyances, leurs rituels, leurs dogmes quand tout cela a été compris et rejeté. Complètement. Il n'y a ni prêtre, ni gourou, ni disciple. Alors, au sein de cette formidable qualité de silence dans ce silence peut survenir quelque chose que la pensée n'a pas touché car ce silence n'est pas créé par la pensée.

Il faut donc interroger, pénétrer toute la nature du silence. Il y a le silence entre deux bruits il y a le silence entre deux pensées il y a le silence entre deux notes, dans la musique il y a le silence qui suit le bruit il y a silence quand la pensée dit, « je dois être silencieux » et crée ce silence artificiel pensant que c'est là le vrai silence. Le silence qui existe quand on est assis paisiblement contraignant son esprit à être silencieux. Ce sont là tous des silences artificiels. Ils ne sont pas réels profonds, non cultivés, non prémédités. Nous avons dit que le silence ne peut s'établir psychologiquement qu'en l'absence de tout enregistrement, quel qu'il soit. L'esprit, le cerveau lui-même est alors absolument sans mouvement. Alors, dans cette insondable profondeur de silence non provoqué, non cultivé, ne résultant pas de pratiques dans ce silence peut surgir ce sentiment extraordinaire de quelque chose d'immesurable, d'indiscible. Tout ce mouvement qui s'est déroulé du début à la fin de ces causeries, fait partie de la méditation. Terminé.

Quatrième Causerie à Brockwood Park

Dimanche 3 Septembre 1978

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