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La Passion se trouve à la fin de la souffrance

Deuxième Causeries Publiques à Washington D.C.

Samedi 20 Avril 1985

Pourrions-nous reprendre là où nous en étions restés hier? Nous parlions de la peur et de la fin de la peur. Egalement, nous parlions de la responsabilité qu'a chacun de nous face à ce qui a lieu dans le monde, le gâchis effrayant dans lequel nous sommes. Et nous sommes tous responsables de cela, individuellement, collectivement, nationalement, religieusement, et de tout ce que nous avons produit dans le monde, après des milliers d'années d'une longue évolution, nous demeurons toujours des barbares, nous nuisant mutuellement, nous entre-tuant, entre-détruisant. Nous avons eu la liberté de faire exactement ce qui nous plaît et cela a créé le chaos dans le monde. La liberté ne consiste pas à faire ce qui nous plaît, mais plutôt à être libre de tout le labeur de la vie, des problèmes, comme nous l'avons vu hier matin, de nos anxiétés, de nos blessures psychologiques, de tout le conflit qu'il nous a fallu supporter pendant bien des millénaires. En outre, il s'agit d'être délivré de la peur. Nous avons parlé de toutes ces choses hier après-midi.

Nous avons aussi dit que ces réunions, cette rencontre n'est pas une conférence traitant d'un sujet particulier, en vue d'informer, d'instruire, d'inscrire dans un certain schéma. Il s'agit plutôt d'une responsabilité collective, de recherche, d'exploration de tous les problèmes de notre vie, de notre vie quotidienne. Il ne s'agit pas de quelque concept spéculatif ou de philosophies, mais de comprendre la douleur quotidienne, l'ennui, la solitude, le désespoir, la dépression, et le conflit sans fin dans lequel l'homme a vécu. Et ce matin, il nous faut couvrir un grand nombre de sujets. Nous avons également souligné hier que ceci n'est pas une réunion, au cours de laquelle l'orateur vous stimule intellectuellement, émotionnellement ou de toute autre manière. Nous dépendons énormément de la stimulation; c'est une forme de mercantilisme: les drogues, l'alcool, et tous les autres moyens d'accès à la sensation. Et nous voulons non seulement la sensation, mais aussi l'excitation, la stimulation. Il ne s'agit donc pas ici d'une réunion de cette nature. Ensemble, nous examinons notre vie, notre vie quotidienne; c'est-à-dire se comprendre soi-même, ce que l'on est effectivement, non théoriquement, non selon quelque philosophe, psychiatre, etc. Si tout cela pouvait être écarté afin d'observer effectivement ce que l'on est sans se laisser déprimer ou exalter, mais d'observer, c'est-à-dire de comprendre toute la structure psychologique de notre être, de notre existence.

Et nous en parlions hier, l'une des choses que les êtres humains traversent tout au long de leur vie, est une forme de peur. Et nous avons approfondi cela avec beaucoup de soin: à savoir que le temps et la pensée sont à la racine de la peur. Nous avons approfondi la nature du temps et de la pensée. Le temps, c'est non seulement le passé, le présent et le futur, mais tout le temps est inclus dans le maintenant, dans le présent. Car ce que nous sommes maintenant, nous le serons demain, à moins que se produise une mutation vaste et fondamentale dans le psychisme lui-même, dans les cellules cérébrales elles-mêmes. Nous en avons parlé.

Et nous devrions également parler, discuter ensemble ce matin – je vous en prie, si l'on peut se permettre de le souligner, vous et l'orateur, entreprenons ensemble un voyage, un voyage long et compliqué. Et ce voyage demande que l'on ne soit attaché à aucune forme particulière de croyance. Autrement, ce voyage est impossible. Ni à quelque foi, à quelque conclusion, idéologie ou concepts que ce soit. C'est comme gravir l'Everest, ou une des grandes et merveilleuses montagnes du monde; il faut laisser énormément de choses derrière soi, sans transporter tous ces fardeaux à travers collines et montagnes escarpées. Dans ce voyage que nous entreprenons ensemble – et l'orateur l'entend bien ainsi, non qu'il se contente de parler et que vous soyez d'accord ou en désaccord; si nous écartons complètement ces deux mots, nous pouvons alors entreprendre le voyage ensemble. Certains voudront marcher très rapidement et d'autres traîneront derrière, mais c'est néanmoins un voyage que nous faisons ensemble.

Nous devrions également examiner ensemble pourquoi les êtres humains ont toujours été à la poursuite du plaisir par opposition à la peur. Nous n'avons jamais cherché ce qu'est le plaisir, pourquoi voulons-nous éternellement le plaisir sous diverses formes: sexuel, sensoriel, intellectuel, le plaisir des possessions, le plaisir d'acquérir une grande compétence, le plaisir découlant de l'acquisition de beaucoup d'informations, de savoir. Et l'ultime gratification est ce que nous appelons dieu. Et comme nous l'avons dit, ne soyez pas fâché ou irrité, je vous prie, retenez vous de jeter quelque chose à l'orateur. (rires) Nous vivons dans un monde violent. Si vous n'êtes pas d'accord, ils vous tueront. C'est ce qui a lieu. Et ici, nous ne cherchons pas à nous entre tuer, nous ne nous livrons à une aucune propagande, ni ne voulons vous convaincre de quoi que ce soit.

Mais, nous allons confronter la vérité des choses, et non vivre en s'illusionnant. Et, il est très difficile d'observer sans s'illusionner. Si vous vous illusionnez sans confronter les réalités, il devient alors impossible de se regarder tel que l'on est. Mais nous aimons les illusions, les leurres et toutes les formes de chimères car nous avons peur de nous regarder. Comme nous l'avons dit, se regarder très clairement, avec précision, n'est possible qu'au moyen du miroir de la relation; c'est le seul miroir dont nous disposons. Quand vous vous regardez en train de vous coiffer ou de vous raser, ou de vous soigner le visage – pardon. (Rires) ...vous vous regardez dans votre miroir – pardon (K rit – encore des rires) (longs rires et applaudissements) (K rit) Je vous demande pardon! (Rires et applaudissements) Je suis heureux que vous approuviez. (Rires) Quand vous vous rasez, examinez votre visage, ou vous coiffez; ce miroir reflète exactement ce que vous êtes, votre visage, votre apparence.

Et psychologiquement, existe-t-il un tel miroir dans lequel vous pouvez voir exactement, avec précision ce que vous êtes réellement? Comme nous l'avons dit, il y a bien un tel miroir: c'est notre relation, si intime soit-elle, par exemple entre homme et femme; dans cette relation on voit ce que l'on est, pour autant qu'on veuille le voir. Vous vous voyez céder à la colère, votre désir de possession et tout le reste.

Donc le plaisir, l'homme l'a poursuivi sans fin, au nom de dieu, au nom de la paix, au nom de l'idéologie et du plaisir du pouvoir, avoir du pouvoir sur les autres, le pouvoir politique. Avez-vous remarqué que le pouvoir n'est pas une belle chose, quand on domine autrui, sous quelle que forme que ce soit: quand la femme domine le mari, ou que le mari domine la femme. Le pouvoir est un des maux de la vie. Et l'autre face de la médaille de la peur est le plaisir. Quand on comprend en profondeur, sérieusement, la nature de la peur (comme nous avons vu hier, et nous n'y reviendrons pas aujourd'hui) le plaisir, c'est alors l'enchantement, voir quelque chose de beau, le coucher de soleil, la lumière du matin, l'aube, les couleurs merveilleuses, le reflet du soleil sur l'eau, tout cela est un enchantement. Mais nous en faisons un souvenir que nous cultivons en tant que plaisir.

Comme nous l'avons aussi dit – mais contentez – vous de le regarder sans en faire quoi que ce soit. Je ne sais si vous vous êtes penché sur la question de l'action. Qu'est-ce que l'action? Nous sommes tous si actifs du matin jusqu'au soir, non seulement physiquement, mais psychologiquement, le cerveau bavardant sans arrêt, allant d'une chose à l'autre, sans fin pendant le jour et pendant la nuit, les rêves, le cerveau n'est jamais au repos, il est perpétuellement en mouvement. Je ne sais si vous avez abordé cette question de l'action. Qu'est-ce que l'action, le faire? Par définition le mot “faire” est au présent, il ne s'agit pas d'avoir fait ou de devoir faire. L'action signifie le “faire” maintenant, correctement, avec précision, de façon complète, holistique – si je puis me permettre ce mot – une action totale, complète, non partielle. Quand l'action repose sur une idéologie, ce n'est pas de l'action, n'est-ce pas ? C'est se conformer à un certain modèle que l'on a établi et par conséquent c'est une action incomplète ou fondée sur un souvenir, une conclusion. Si vous agissez selon une certaine idéologie, un modèle ou une conclusion, c'est encore incomplet; il y a en tout cela une contradiction. Il faut donc se pencher sur ce problème très complexe de l'action.

L'action est-elle liée au désordre ou à l'ordre ? Comprenez-vous? Nous vivons dans le désordre, notre vie est désordonnée, confuse; contradictoire : le fait de dire une chose et d'en faire une autre; de penser à une chose et d'agir tout à l'opposé. Alors qu'est-ce que l'ordre et le désordre? Peut-être n'avez-vous pas réfléchi à tous ces sujets, alors réfléchissons y ensemble et observez, je vous en prie ne me laissez pas parler tout seul. Il est encore tôt ce matin et vous avez devant vous toute une journée; alors prenons conscience ensemble de la question suivante: qu'est-ce que l'ordre et qu'est-ce que le désordre et quel lien l'action a-t-elle avec l'ordre et le désordre ?

Nous avons plus ou moins expliqué ce qu'est l'action; ce mot “agir” dénote l'acte dans le présent: vous êtes assis là. Quel rapport cela a-t-il avec le désordre? Qu'est-ce que le désordre? Regardez le monde si vous le voulez bien; le monde est dans le désordre. Des choses terribles ont lieu. Bien peu d'entre nous savent réellement ce qui se passe dans le monde scientifique, dans le monde de l'art de la guerre et les choses terribles qui ont lieu en Russie; et la pauvreté dans tous les pays, les riches et les très pauvres; et la constante menace de guerre, un groupe politique s'opposant à un autre. Il y a donc ce terrible désordre. C'est une réalité et non une invention ou une illusion. Et nous avons créé ce désordre, car notre vie elle-même est désordonnée. Et nous essayons d'amener de l'ordre socialement à travers toutes les réformes sociales et ainsi de suite. Nous essayons de trouver l'ordre sans comprendre et amener la fin du désordre. C'est comme un esprit confus cherchant la clarté. Un esprit confus est un esprit confus, il ne peut jamais trouver la clarté. Alors, peut-il y avoir une fin au désordre de nos vies, de notre vie quotidienne? Un ordre non dans les cieux ou ailleurs, mais dans notre vie quotidienne? La fin du désordre, et quand cette fin a lieu, l'ordre règne naturellement. Cet ordre là est vivant, il n'est pas figé dans un certain modèle, un moule.

Donc nous cherchons en nous observant nous-mêmes et en apprenant sur nous-mêmes. Apprendre est autre chose qu'acquérir du savoir. Je vous prie, ceci est plutôt – si vous voulez bien prêter votre attention un petit peu à ceci – apprendre est un processus sans fin, un processus illimité, tandis que le savoir est toujours limité. Et apprendre implique non seulement d'observer visuellement, mais également d'observer sans aucune déformation, de voir les choses exactement telles qu'elles sont.

Cela requiert de la discipline – attention, le mot “discipline”, comme nous l'avons dit hier, – ce mot vient de “disciple”. Le disciple est celui qui apprend, pas la terrible discipline de l'orthodoxie, de la tradition ou du fait de suivre certaines règles, dicta, etc., c'est apprendre; apprendre par une observation claire, sans déformation. Entendre exactement ce que dit l'autre sans aucune déformation. Et, apprendre n'est pas cumulatif, parce que vous êtes en mouvement. Vous comprenez tout ceci? Donc, quand on apprend la nature de notre désordre intérieur, l'ordre vient alors très naturellement, facilement, sans que l'on s'y attende. Et quand il y a ordre, l'ordre est vertu. Il n'y a d'autre vertu que l'ordre complet, c'est-à-dire la moralité complète, et non une moralité imposée ou dictée.

Nous devrions alors également parler ensemble de toute cette question de la souffrance. Cela ne vous dérange pas? Car l'homme et la femme, les enfants du monde entier, qu'ils vivent derrière le rideau de fer (ce qui est bien triste pour eux) qu'ils vivent en Asie, en Inde, en Europe ou ici, chaque être humain qu'il soit riche ou pauvre, intellectuel ou l'homme du commun que nous sommes, passons tous par les multiples formes de la souffrance. Avez-vous jamais pris conscience de ces larmes versées depuis des siècles ? Au cours de milliers de guerres? Le mari, la femme, les enfants. Il y dans le monde une immense souffrance. Non qu'il n'y ait pas également du plaisir, de la joie et ainsi de suite, mais la compréhension de la souffrance et la possibilité d'y mettre fin, pourraient nous faire découvrir quelque chose de bien plus vaste.

Il nous faut donc approfondir cette question complexe de la souffrance. Et peut-elle jamais prendre fin, ou l'homme est-il à jamais condamné à souffrir? Non seulement physiquement, ce qui dépend de l'ordre que l'on met dans sa vie, si le corps est drogué: par l'alcool, le tabac, la nicotine et tout cela, si le corps a été détruit. Psychologiquement, intérieurement, nous avons souffert énormément sans peut-être en avoir dit un mot. Ou en pleurant toutes les larmes de son coeur. Et tout au long de cette évolution, l'évolution de l'homme, de la nuit des temps à ce jour, chaque être humain sur cette terre a souffert. Souffrir n'est pas seulement pleurer la perte de quelqu'un que vous croyez aimer. Il y a aussi la souffrance du pauvre, de l'illettré. Si vous vous rendez en Inde ou dans d'autres parties du monde, vous y voyez des gens faire des kilomètres à pied pour se rendre à l'école, des petites filles, des petits garçons. Ils ne seront jamais riches, n'iront jamais en voiture, ne prendrons probablement jamais un bain chaud. Ils n'ont qu'un sari, qu'un vêtement, peu importe, et c'est tout ce qu'ils ont. C'est là de la souffrance. Pas pour celui qui passe en voiture, mais il voit tout cela de sa voiture et en ressent du chagrin, s'il est le moins du monde sensible, conscient. Et la souffrance de l'ignorance; pas celle de l'écriture, de la littérature et tout cela, mais la souffrance de celui qui ne se connaît pas lui-même. La souffrance revêt de multiples aspects.

Et nous demandons si cette souffrance peut prendre fin en chacun de nous? Il y a notre propre souffrance intérieure, et la souffrance du monde. Des milliers de guerres, des gens mutilés, blessés, une épouvantable cruauté: pas une forme de cruauté particulière, dont vous parlez beaucoup, une forme particulière et contre laquelle vous vous rebellez, mais vous ne demandez jamais si la cruauté peut prendre fin. Chaque nation sur cette terre a commis d'affreuses cruautés. Et nous continuons à perpétrer cette cruauté. La cruauté amène énormément de souffrance. Voyant tout cela – non dans un livre, non d'un voyageur, non d'un touriste – (les touristes vont à l'étranger seulement pour s'amuser, voir des choses intéressantes, et passer du bon temps, des vacances) – mais si vous voyagez en tant qu'être humain, vous contentant d'observer, d'être conscient d'une façon sensible à tout cela, vous voyez que la souffrance est une chose terrible. Et cette souffrance peut-elle prendre fin?

Je vous en prie, posez-vous cette question. L'orateur ne vous stimule pas pour vous faire ressentir la souffrance, l'orateur ne vous dit pas ce qu'est la souffrance, elle est là devant nous, au-dedans de vous. Personne n'a besoin de la désigner, si vous gardez les yeux ouverts, si vous êtes sensible, conscient de ce qui se passe dans ce monde monstrueux. Alors, je vous prie, posez-vous cette question: la souffrance peut-elle jamais prendre fin? Parce que, comme pour la haine, quand il y a souffrance, il n'y a point d'amour. Quand vous souffrez, étant préoccupé de votre propre souffrance, comment peut-il avoir amour? Il faut donc se poser cette question, si difficile que soit la découverte – non de la réponse, mais de la fin de la souffrance.

Qu'est-ce que la souffrance? Non seulement la souffrance physique, persistante, de la personne paralysée, mutilée, malade, mais aussi la souffrance due à la perte de quelqu'un: la mort. Nous parlerons de la mort dans un instant. La souffrance est-elle la pitié de soi? Cherchez, je vous prie. Nous ne disons pas qu'elle l'est ou ne l'est pas, nous posons la question, la souffrance est-elle engendrée par la pitié de soi, l'un de ses facteurs? La souffrance est-elle engendrée par la solitude? Le fait de se sentir désespérément seul, dans la solitude; pas seul: le mot “alone” signifie “all one” : tout un. Mais se sentir isolé, n'avoir dans cette solitude, aucune relation avec quoi que ce soit.

La souffrance n'est-elle qu'une affaire intellectuelle? Qui se rationalise, s'explique? Ou il s'agit-il de vivre avec elle sans aucun désir de réconfort? Vous comprenez? Vivre avec la souffrance, sans la fuir, sans la rationaliser, sans se trouver un réconfort illusoire ou exclusif: religieux ou quelque échappatoire illusoire, romantique, mais vivre avec quelque chose de profondément signifiant. La souffrance n'est pas seulement un choc physique, quand on perd son fils, son mari, sa femme, son amie, ou qui vous voudrez, c'est un choc biologique terrible. On en est presque paralysé. Ne connaissez-vous pas tout cela?

Il y a aussi le sentiment de solitude désespérée. Peut-on examiner la souffrance telle qu'elle existe effectivement en nous et rester avec elle, la tenir dans la main et ne pas s'en écarter? La souffrance n'est pas distincte de celui qui souffre. La personne qui souffre veut fuir, échapper, faire toutes sortes de choses. Mais il s'agit de la regarder comme on regarde un enfant, un bel enfant, de la tenir, sans jamais la fuir. Vous verrez alors par vous-mêmes, si vous regardez vraiment profondément, qu'il y a une fin à la souffrance. Et quand il y a une fin à la souffrance, il y a alors la passion; il ne s'agit pas de luxure, ni de stimulation sensorielle, mais de passion.

Bien peu ont cette passion, parce que nous sommes tellement consumés par nos propres afflictions, par nos propres douleurs, pitié, vanité et tout le reste. Nous avons énormément d'énergie – voyez ce qui se passe dans le monde – une énorme énergie pour inventer des nouveautés, de nouveaux gadgets, de nouvelles façons de tuer les autres. Il faut une énorme énergie et concentration pour aller sur la lune à la fois intellectuelle et factuelle. Nous avons énormément d'énergie, mais la dissipons par le conflit, la peur, dans des bavardages sans fin à propos de rien. Et la passion a énormément d'énergie. Cette passion n'est pas stimulée, elle ne recherche pas la stimulation, elle est là, comme un feu ardent. Elle ne vient que quand la souffrance a pris fin.

Et, quand vous avez cette souffrance, sa fin n'est pas personnelle car vous êtes le restant de l'humanité, comme nous l'avons dit hier après-midi. Nous souffrons tous. Nous passons tous par la solitude, chaque être humain sur cette terre qu'il soit riche ou pauvre, érudit ou ignorant, chacun passe par énormément d'anxiété, consciente ou inconsciente. Notre conscience n'est pas partagée, elle n'est pas à vous, c'est la conscience humaine. Le contenu de cette conscience est constitué de toutes vos croyances, vos souffrances, vos pitiés, vos vanités, votre arrogance, votre recherche de pouvoir, de situation, et tout cela. Tout cela est votre conscience, laquelle est partagée par tous les êtres humains. Il ne s'agit donc pas de votre conscience personnelle. Et quand on se rend vraiment compte de cela, non verbalement, intellectuellement, théoriquement, ou en tant que concept, mais en tant que réalité, alors non seulement vous ne tuerez ni ne blesserez plus autrui, mais vous aurez quelque chose d'une toute autre nature, d'une dimension entièrement différente.

Nous devrions parler aussi ensemble de ce qu'est l'amour. J'espère que tout cela ne vous ennuie pas. (Rires) Si vous voulez respirer un peu , c'est bon. Comme l'a dit l'orateur, nous devrions nous pencher sur cette vaste question de la nature de l'amour. Nous nous servons si légèrement du mot “amour”, il est devenu uniquement sensuel, sexuel; l'amour est identifié au plaisir. Et pour découvrir ce parfum, il faut examiner ce que l'amour n'est pas. On en vient au positif par la négation, et non vice versa. Suis-je clair? Par la négation de ce que l'amour n'est pas, on en vient alors à ce qui est immensément vrai, c'est-à-dire l'amour.

Donc l'amour n'est pas la haine: c'est évident. L'amour n'est pas vanité, arrogance. – L'amour n'est pas dans les mains du pouvoir. Les gens qui détiennent le pouvoir, qui veulent le pouvoir, peu importe que ce soit sur un petit enfant, sur un groupe entier de gens ou sur une nation, tout cela n'est certainement pas de l'amour. L'amour n'est pas le plaisir, l'amour n'est pas le désir. Je ne sais si nous avons le temps d'aborder la question du désir. Peut-être le devrions-nous. L'amour n'est certainement pas la pensée. Alors peut-on écarter tout cela: votre vanité, le sens du pouvoir, si petit soit-il, c'est comme un vers. Plus vous avez de pouvoir, plus c'est laid – et en cela il n'y a donc aucun amour. Quand on est ambitieux, agressif – c'est dans ce sens que vous êtes tous élevés: à être agressif, à réussir, à être connu, tout cela est absolument enfantin, du point de vue de l'orateur, (rires) – comment peut-il y avoir amour?

L'amour est donc quelque chose qui ne peut être ni invité, ni cultivé. Il vient naturellement, facilement, quand le reste n'est pas. Et quand on apprend sur soi on arrive à ceci: là où il y a amour, il y a compassion; et la compassion comporte sa propre intelligence. C'est la forme suprême de l'intelligence, pas l'intelligence de la pensée, l'intelligence rusée des illusions et tout le reste. Ce n'est que là où existent l'amour total et la compassion, qu'il y a cette quintessence de l'intelligence qui n'est pas mécanique.

Nous devrions maintenant parler de la mort. Le ferons-nous? Cela vous intéresse-t-il de découvrir – (rires) – ce qu'est la mort? Quelle est la signification de ce mot? Mourir; la mort; la fin. Non seulement la fin, mais que se passe-t-il après la mort? Emporte-t-on avec soi les souvenirs de sa vie? Tout le monde asiatique croit en la réincarnation. C'est-à-dire, je meurs, j'ai mené une vie malheureuse, peut-être ai-je fait un peu de bien ici ou là et dans la prochaine vie je serai meilleur, je ferai davantage de bien. C'est basé sur la récompense et la punition, comme tout dans la vie. Je ferai du bien pendant cette vie ci, et je serai meilleur dans la prochaine. C'est basé sur le mot “karma” dont vous avez peut-être entendu parler. Le mot “karma” signifie en sanskrit “action” – je ne vais pas aborder cela. Il y a donc toute cette croyance selon laquelle après la vie présente, la prochaine vie offrira une meilleure chance selon le type de vie que l'on a vécu dans celle-ci: la récompense et la punition. Et, dans le christianisme il y a toute cette notion de résurrection etc.

Donc si l'on peut écarter tout cela pour l'instant, l'écarter vraiment, sans se cramponner à une chose ou une autre, qu'est-ce alors que la mort? Que signifie mourir? Non seulement biologiquement, physiquement, mais encore psychologiquement: toute l'accumulation des souvenirs, nos tendances, compétences, idiosyncrasies, tout ce que l'on a accumulé, qu'il s'agisse d'argent, de savoir, d'amitié, tout ce que vous voulez; tout ce que vous avez acquis. Et la mort survient et dit : “je regrette, tu peux rien prendre avec toi”.

Alors que signifie mourir? Pouvons-nous aborder cette question? Ou avez-vous peur? Donc, qu'est-ce que la mort? Comment examiner cela? Vous comprenez ma question? Je vis – je me prends comme exemple – je vis, chaque jour je poursuis ma routine, mécanique, triste, heureuse, malheureuse, vous savez tout cela. Et la mort survient, par accident, par maladie, par vieillesse, sénilité – qu'est-ce que la sénilité? Ne concerne-t-elle que les vieux? La sénilité, n'est-ce pas le fait de répéter, répéter, répéter? D'agir mécaniquement, sans réfléchir? N'est-ce pas là aussi une forme de sénilité?

Donc la mort – nous en avons peur et n'en voyons donc jamais la grandeur, le côté extraordinaire de l'événement, comme la naissance d'un enfant: l'apparition d'un nouvel être humain. C'est là un événement extraordinaire. Et cet enfant grandit et devient ce que vous êtes tous devenus. Et puis il meurt. La mort est aussi quelque chose d'extraordinaire, inévitablement. Et vous n'en verrez pas la profondeur et la grandeur si vous en avez peur.

Alors qu'est-ce que la mort? Je veux découvrir ce que mourir signifie pendant que je suis vivant. Je ne suis pas sénile, je suis en pleine possession de mes moyens, je suis capable de penser très clairement, déraillant peut-être de temps en temps... (Rires) ...mais je suis actif, clair, et tout le reste. Je me demande donc – je ne vous le demande pas – je me contente d'observer et vous voudrez bien observer aussi ce qu'est la mort. Assurément, la mort signifie la fin de toute chose: la fin de ma relation, la fin de tout ce que j'ai construit dans ma vie; tout le savoir, toute l'expérience, la vie stupide que j'ai menée une vie insensée à laquelle j'essaie de donner intellectuellement un sens; j'ai vécu ainsi (pas personnellement, mais je prends cet exemple). Et la mort vient et dit : “c'est la fin”. Mais j'ai peur. Ce ne peut pas être la fin. J'ai tant de choses, j'ai tant accumulé, pas seulement du mobilier – (Rires) ou des tableaux – quand je m'identifie au mobilier ou aux tableaux, ou au compte en banque, je suis le compte en banque, je suis le tableau, je suis le mobilier. N'est-ce pas? Quand vous vous identifier à quelque chose si totalement, vous êtes cette chose. Peut-être n'aimerez-vous pas tout ceci, mais écoutez, je vous prie. J'ai donc établi des racines, j'ai établi des tas de choses autour de moi et la mort vient et balaie proprement tout cela. Donc je me demande, est-il possible de vivre tout le temps avec la mort, pas au bout de 90 ans ou 100 ans – l'orateur a 90 ans – pardon. (Rires) Pas à la fin de la vie, mais puis-je avec toute mon énergie, toute ma vitalité et pendant que tout continue, puis-je vivre tout le temps avec la mort? Pas en se suicidant, cela n'aurait pas de sens. Mais vivre avec la mort, ce qui signifie mettre chaque jour fin à tout ce que j'ai accumulé; la fin.

Je ne sais si vous avez approfondi la question de ce qu'est la continuité, et de ce que finir signifie. Ce qui continue ne peut jamais se renouveler, renaître. Cela peut se revivifier, ce qui est continu comme ce que vous faites dans ce pays, revivifiant la religion. Comme nous l'avons dit, le mot “revivifier” s'applique à ce qui s'est étiolé, qui est en train de mourir, et vous le revivifiez.

C'est ce qui a lieu dans ce pays-ci, une renaissance religieuse, et l'on claironne la chose. Je ne sais si vous avez remarqué combien les religions organisées, les gourous et tout le reste, ce sont des gens d'une immense richesse. (Rires) Des biens considérables. Cela se fait – religieusement. Il y a dans le sud de l'Inde un temple: tous les trois jours, ils y récoltent un million de dollars. Vous comprenez? Dieu engendre de gros profits. (Rires) Ce n'est pas du cynisme, c'est la réalité. Nous confrontons la réalité, il ne s'agit pas de céder au cynisme ou au désespoir, il en est ainsi; ni à l'optimisme, ni au pessimisme. Il faut regarder ces choses.

Alors, puis je vivre avec la mort, ce qui signifie que tout ce que j'ai fait, rassemblé – la douleur, la souffrance – prend fin. La fin est plus importante que la continuité. La fin signifie le commencement de quelque chose de nouveau. Si vous vous bornez à continuer, c'est le même modèle qui se répète dans un moule différent. Avez-vous jamais remarqué autre chose d'étrange? Nous avons créé énormément de gâchis dans ce monde, un gâchis terrible, et nous organisons le nettoyage de ce gâchis, politiquement, religieusement, socialement et économiquement. Et quand cette organisation ou institution ne fonctionne pas, nous inventons une autre organisation, sans jamais résoudre ce gâchis, mais créant de nouvelles organisations, de nouvelles institutions – et cela s'appelle le progrès. (Rires) Je ne sais si vous avez remarqué tout cela. Voilà ce que nous faisons – des milliers d'institutions.

L'autre jour nous parlions aux Nations Unies. La guerre se poursuit, ils ne l'ont jamais arrêtée, mais ils la réorganisent. (Rires) Vous en faites exactement de même dans ce pays-ci. Nous ne dissipons jamais le gâchis. Et, nous dépendons d'organisations pour faire ce nettoyage; ou de nouveaux leaders, de nouveaux gourous, de nouveaux prêtres, de nouvelles fois, et tout ce fatras qui se poursuit. Alors, puis-je vivre avec la mort – ce qui signifie liberté, une liberté totale, holistique. Et il y a donc, dans cette liberté, un grand amour, une grande compassion, et cette intelligence qui n'a pas de fin, qui est immense. Nous devrions aussi parler ensemble de ce qu'est la religion. Pouvons-nous poursuivre? Vous n'êtes pas trop fatigués? L'orateur ne cherche à vous convaincre de rien, il faut me croire : rien ! Il ne cherche à vous forcer ni par la stimulation, ni par tout autre moyen. Vous et moi regardons le monde, votre monde personnel et le monde autour de vous. Vous êtes le monde, le monde n'est pas différent de vous. Vous avez créé ce monde et vous en êtes responsables, complètement, totalement, que vous soyez politicien ou un homme ordinaire dans la rue comme nous.

Nous devrions également parler ensemble de ce qu'est la religion. L'homme a toujours été à la recherche de quelque chose d'au-delà de toute cette douleur, anxiété et souffrance. Y a-t-il quelque chose de sacré, d'éternel, qui soit hors d'atteinte de la pensée? Telle a été l'une des questions qui se pose depuis la nuit des temps. Qu'est-ce qui est sacré? Qu'est-ce qui est intemporel, incorruptible, sans nom; qui n'a aucune qualité, aucune limite, l'intemporel, l'éternel ? Existe-t-il une telle chose? L'homme s'est posé cette question il y a des milliers et des milliers d'années. Ainsi, il a adoré le soleil, la terre, la nature, les arbres, les oiseaux; depuis la nuit des temps, l'homme a adoré tout ce qui vit sur cette terre. Si vous avez entendu parler des Vedas, des Upanishads etc., dieu n'y est jamais mentionné. Ce qui est suprême, disaient-ils, n'est pas manifesté, etc., je ne vais pas aborder tout cela.

Vous posez vous donc également cette question? Demandez-vous s'il existe quelque chose de sacré? Existe-t-il quelque chose qui ne soit pas construit par la pensée comme le sont toutes les religions organisées qu'il s'agisse du Chritianisme, de l'Hindouisme, du Bouddhisme etc. Il n'y a pas de dieu dans le Bouddhisme. Comme je l'ai dit, il y a chez les Hindous environ 300.000 dieux. C'est très amusant d'en avoir autant. (Rires) Vous pouvez jouer avec eux. Et il y a les dieux des livres, le dieu selon la Bible, le dieu selon le Coran pour le monde islamique. Avez vous remarqué que quand les religions se fondent sur des livres tels la Bible ou le Coran, vous avez alors des fondamentalistes, vous avez des gens bigots, étroits, intolérants, parce que le livre le dit. N'avez-vous pas remarqué tout cela? Ce pays-ci a ses fondamentalistes qui reviennent aux livres. Ne vous fâchez pas, je vous prie, regardez simplement.

Alors, nous demandons, qu'est-ce que la religion? Pas seulement qu'est-ce que la religion, mais qu'est-ce que le cerveau religieux, l'esprit religieux. Il faut pour étudier cela en profondeur, et non superficiellement, qu'il y ait une liberté totale, une liberté complète. Non pas une liberté à l'égard d'une chose ou l'autre, mais la liberté globale, en soi. Il faut alors aussi se demander – pardon – le mot “religion” n'a pas d'étymologie, on ne lui trouve pas d'explication. Sa signification a changé au cours du temps. Nous demandons donc, quand il y a cette liberté, est-il possible, vivant en ce monde de laideur, est-il possible d'être ainsi délivré de la douleur, de la souffrance, de l'anxiété, de la solitude, etc?

Il vous faut alors découvrir aussi ce qu'est la méditation: contemplation dans le monde chrétien, et méditation dans le monde asiatique. La médiation a probablement été importée dans ce pays-ci par les yogis, les gourous et tous ces gens superstitieux, traditionnels; qui sont par conséquent mécaniques. Il nous faudra donc découvrir ce qu'est la méditation. Vous voulez bien que nous abordions cela ? Cela vous amuse-t-il, ou voulez-vous le faire réellement? Est-ce une forme de divertissement, que la méditation ? Que j'apprenne, découvre d'abord la méditation, et j'agirai alors convenablement. Vous comprenez ce jeu auquel on se livre? Ou bien, s'il y a de l'ordre dans sa vie, un véritablement ordre, comme nous l'avons expliqué., qu'est-ce alors que la méditation? Est-ce le fait de suivre certains systèmes, certaines méthodes: la méthode zen, la méditation bouddhiste la méditation hindoue, et le dernier venu des gourous avec sa propre méditation ? Ils sont toujours barbus, plein d'argent, vous savez bien tout ce qui sen suit.

Alors qu'est-ce que la méditation? Si elle est prédéterminée, si elle consiste à suivre un système, une méthode, en la pratiquant jour après jour, qu'advient-il du cerveau humain? Il s'abrutit de plus en plus. Ne l'avez-vous pas remarqué? Quand vous répétez, répétez sans cesse – ce pourrait – être une fausse note, mais vous la répéterez. Comme un pianiste, s'il répète tout seul et qu'il joue une fausse note, il continuera sans arrêt à jouer la fausse note. La méditation est-elle donc quelque chose de totalement différent? N'ayant rien à voir avec une méthode, un système, des pratiques; et ne pouvant donc jamais être mécanique. Ce ne peut être jamais être une méditation consciente. Vous comprenez ce que je dis? Comprenez le s'il vous plaît. C'est comme celui qui veut consciemment de l'argent et le recherche; quelle différence y a-t-il entre les deux? Vous méditez consciemment, voulant parvenir à la paix, au silence et tout cela. Il s'agit donc de deux choses semblables, l'homme en quête d'argent, de succès, de pouvoir et l'homme en quête d'une soi-disante spiritualité. Y a-t-il donc une méditation qui ne soit pas prédéterminée, objet de pratiques? Elle existe, mais cela demande une attention énorme. Cette attention là est une flamme, et cette attention là n'est pas une chose à laquelle vous parvenez beaucoup plus tard, c'est une attention dans le présent à toutes choses, à chaque mot, chaque geste, chaque pensée : prêter une attention complète et non partielle. Si vous écoutez en ce moment partiellement, vous ne prêtez pas une attention complète. Quand vous êtes si totalement attentif il n'y a pas de moi, il n'y a pas de limites.

Et – en bref, je dois m'arrêter – le cerveau est maintenant plein d'informations, encombré, il n'a en lui aucun espace et il nous faut de l'espace, l'espace est nécessaire. L'espace signifie énergie; quand il n'y a pas d'espace, votre énergie est très, très limitée. Et le cerveau – l'orateur n'est pas un spécialiste du cerveau, bien qu'il en ait beaucoup parlé avec des scientifiques et ainsi de suite – ce n'est pas là une recommandation – ils font des expériences sur des animaux, basées sur des théories sur l'accumulation du savoir; cependant, nous ne sommes pas des scientifiques, mais des hommes du commun, des gens ordinaires, humbles, qui veulent découvrir. Il existe une méditation non déterminée, non inscrite dans un moule, je ne vais pas aborder cela. Donc le cerveau est en ce moment si surchargé de savoir, de théories,de pouvoir, de situation, et tout le reste éternellement en conflit, encombré, dépourvu d'espace. Et la liberté, la liberté totale consiste à avoir cet espace illimité. Le cerveau est extraordinairement capable, il a une capacité infinie mais nous en avons fait quelque chose de si petit, si mesquin. Donc quand il y a cet espace et ce vide, et par conséquent cette immense énergie – l'énergie est passion, amour, compassion et intelligence – il y a alors cette vérité, suprêmement sainte, suprêmement sacrée; celle que l'homme a recherché depuis les temps immémoriaux. Et cette vérité ne repose en aucun temple, aucune mosquée, aucune église. Aucun chemin n'y conduit si ce n'est sa propre compréhension de soi, par la recherche, l'étude, l'apprentissage. Ce qui est éternel est alors présent. Puis-je me lever? Ou vous lèverez-vous? (Applaudissements)

Deuxième Causeries Publiques à Washington D.C.

Samedi 20 Avril 1985

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